Est-ce vraiment une surprise ? L’entreprise Eon Reality est en liquidation judiciaire sans poursuite d’activités depuis le 24 juin 2019. Le spécialiste de la réalité virtuelle, filiale d’un groupe californien, employait une trentaine de salariés.
Eon Reality avait quitté ses locaux de la zone Saint-Melaine à Laval pour s’installer à la Licorne, dans le quartier des Pommeraies.
Arrivée en grandes pompes à Laval, Eon Reality devait créer 150 emplois. Elle avait obtenu plus de 4 millions d’euros d’aides publiques pour son installation.
En 2014, l’Etat s’engageait à verser 298 000 euros en contre-partie de créations d’emplois. Au total, 265 000 euros auront été donnés pour la création de 55 CDI.
« La contrepartie étant remplie, l’Etat ne peut pas demander de remboursement ».
Laval Agglomération aura offert une subvention de 402 000 euros pour l’achat de matériel. « Les élus avaient tiqué. Tout le matériel acheté l’était à la maison-mère aux Etats-Unis », se souvient Yannick Borde, vice-président de Laval Agglo en charge de l’économie.
L’agglomération peut-elle demander des comptes à Eon Reality ? « Si les subventions ont été utilisées à une autre destination que l’originelle, c’est un détournement de fonds publics. Mais comment le prouver ? », interroge Yannick Borde.
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Le Conseil régional est la collectivité qui a le plus perdu. 3,1 millions d’euros de prêts ont été accordés par la majorité socialiste de l’époque. La Région reverra-t-elle cet argent ?
Eon Reality n’avait pas commencé à rembourser. « Depuis quelques mois, le service juridique a été saisi », annonce Samia Soultani, vice-présidente du Conseil régional.
Samia Soultani complète : « L’arrivée d’Eon Reality date de février 2014. On doit sans doute ne plus faire ce genre d’opérations si proche d’une élection municipale. Cela nous aveugle. »
Christophe Clergeau, vice-président régional de la majorité socialiste de l’époque, évoque, lui, « un pari raisonné. Sur une telle activité, il y a toujours une part de risque. ».
Eon Reality avait déjà un passé similaire à Clermont-Ferrand. Plus récemment, une filiale à l’Ile Maurice a laissé une lourde ardoise de loyers impayés.
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