Victime d’un braquage à son domicile en novembre 2016, un couple de Montflours a été par la suite inquiété de travail dissimulé et de blanchiment de fraude fiscale. Sur les réseaux sociaux, les deux trentenaires n’hésitaient pas à afficher leur train de vie dispendieux, ce qui, conjugué aux écoutes téléphoniques mises en œuvre par le juge d’instruction, a étonné les gendarmes.
Le couple est à la tête de deux sociétés de marketing multiniveaux, répondant à un schéma de vente pyramidale que la présidente du tribunal, Sabine Orsel résume ainsi : « La société mère vend des produits au vendeur, à charge pour lui de les revendre à son réseau. Pour motiver les gens à vendre de plus en plus, chaque vendeur incite ses acheteurs à devenir eux-mêmes vendeurs. »
Marketing multiniveaux
Ce système n’a rien d’illégal. La difficulté dans cette affaire, c’est que les prévenus ne déclaraient que peu de revenus alors qu’ils réalisaient de jolies marges avec la société de vente de packs d’éducation financière de la marque Onecoin (cryptomonnaie). « En deux ans et demi, le prévenu a pu toucher 700 000 € de commissions. Pour faire de l’optimisation fiscale, il a ouvert sa société en Angleterre avec un compte bancaire en Espagne », précise la présidente.
Idéal pour brouiller les pistes, selon la procureur de la République. « L’argent naviguait des comptes pros vers les comptes perso, pour dissimuler qu’on a perçu plus d’argent que ce que l’on a déclaré. On est au-delà d’une simple négligence ou d’une simple erreur. Comment ne se sont-ils pas interrogés sur le fait qu’ils payaient aussi peu d’impôts alors qu’ils gagnaient autant d’argent. » Le couple n’hésitait pas à partir en voyage ou bien encore à organiser une fête d’anniversaire pour les un an de sa fille sur le compte de l’entreprise.
Escroquerie à grande échelle
S’il n’était pas jugé pour escroquerie, la présidente du tribunal a bien signifié au prévenu qu’il « vendait du vent. OneCoin, c’est une escroquerie à grande échelle. Tous les dirigeants sont recherchés aux Etats-Unis. » L’avocate de la défense, Me Ferreira, va dans ce sens. « Mon client croit toujours qu’il n’a pas vendu du vent. C’est un jeune homme qui a pu être endoctriné. Ce système est presque sectaire ! »
La Procureur Stéphanie Perchaud a requis une peine de 6 mois avec sursis pour la femme et 8 mois avec sursis pour l’homme, ainsi qu’une interdiction de gérer une entreprise pendant 10 ans. Le délibéré sera connu le 28 novembre.
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