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Trois jeunes hommes d'à peine 20 ans étaient présentés devant le tribunal de Laval pour répondre de vol avec violences et de tentatives d'extorsion.
Deux des trois prévenus avaient mis en place en novembre 2019 un stratagème : ils ont créé l'identité d'une femme sur un site internet de rencontre, dénommée “Escorte payante”. Ils ont appâté des hommes en leur proposant un rendez-vous avec cette femme inexistante dans un appartement situé dans le quartier du campus universitaire à Laval. Lorsque la victime se présentait au rendez-vous, il s'agissait de la dépouiller. Les deux prévenus sélectionnaient leurs victimes : assez âgé pour avoir certains moyens financiers, et pas trop costaud pour leur sécurité. Cependant, quatre victimes se débattent et réussissent à s'enfuir. Les deux lascars font alors appel à un troisième larron.
Pas de provision suffisante
Le 22 décembre, les trois agresseurs surgissent pour sauter sur leur victime, la frappent et la mettent à terre. Ils lui prennent son téléphone et le forcent à effectuer 800 euros de retraits dans trois distributeurs de Changé et Laval. Mais la victime n’a pas de provision suffisante sur son compte. Les trois prévenus la forcent alors à les conduire chez elle à Juvigné, car ils n’ont pas le permis de conduire. Ils tiennent chez elle la victime en respect et dévalisent des équipements informatiques et audio-vidéo, que l’un des auteurs revendra le lendemain chez un cash revendeur. Les trois malfrats imposent à leur victime de les ramener sur Laval, puis le somment de livrer dans quelques jours une enveloppe contenant 800 euros en espèces, sous peine de représailles.
Rançon sur le répertoire
Le 27 décembre, le mode opératoire est le même : une victime qui pensait retrouver une femme se fait frapper par les trois individus qui ont surgi. Ils se fait délester des 40 euros qu’il avait sur lui et de son téléphone. Les malfaiteurs fouillent dans le répertoire et menacent d’importuner les parents et le patron de la victime si celle-ci ne leur livre pas dans les prochains jours une enveloppe garnie de 800 euros. Des cris à proximité font fuir les trois agresseurs.
Ces derniers ont été confondus par les échanges de SMS sur le trajet Laval-Juvigné, par géolocalisation de leurs téléphones, puis par les caméras de surveillance des distributeurs automatiques de billets.
« Un piège élaboré »
« C’était un piège élaboré, particulièrement traumatisant pour les victimes, affirme la procureure de la République.
Ces violences encourent dix ans de prison. Les faits auraient pu complètement dégénérer. Un emprisonnement ferme est nécessaire pour leur faire comprendre la gravité des faits.
Je requiers pour les trois auteurs à la même peine de dix-huit mois de prison dont huit mois avec sursis, avec maintien en détention ».
« Des Pieds Nickelés »
Les trois avocats de la défense ont présenté leurs clients, aux casiers judiciaires vierges, comme « des Pieds Nickelés, des idiots pas sûrs d’eux ». Ils ont plaidé avec les mêmes arguments. « Vous vous poserez en délibérant la question de leur dangerosité. Rien ne les orientait vers ce destin qui aurait pu être tragique. Ils sont jeunes. S’ils méritent une peine qui les fasse méditer sur la gravité de leurs actes, les renvoyer derrière les barreaux ne leur permettra pas de se construire, alors que l’on voit dans la salle qu’ils ont des familles qui les entourent, et qu’ils ont des bagages pour entreprendre des projets professionnels.
Un aménagement de peine avec un bracelet électronique, voire des travaux d’intérêt généraux, seraient plus adapté. »
Prison ferme, sans maintien en détention
Le tribunal a condamné les deux jeunes qui ont mis le piège en place à dix-huit mois de prison dont six mois avec sursis. Celui qui est arrivé plus tard, et qui aurait tempéré la violence des deux autres, a été condamné à une peine de dix-huit mois assortie d’un sursis de huit mois. Les trois coupables ont interdiction de se côtoyer et interdiction d’entrer en contact avec les victimes. Ils devront solidairement verser respectivement 1 500 euros et 540 euros aux deux victimes.
Mais le tribunal a accédé aux plaidoyers de la défense et n’a pas prononcé de maintien en détention. Ce qui permettra éventuellement au juge d’application des peines d’étudier un aménagement.
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