Depuis mardi 17 mars 2020, ils sont plusieurs dizaines d'étudiants en paramédical à venir en aide aux établissements de tout le département, dont l'hôpital de Laval, qui ont fait appel à la réserve sanitaire.
Ils sont en cours dans les instituts de formation ergothérapie, kinésithérapie, aide-soignants et autres écoles d'infirmiers de Laval et Mayenne, comme l'explique Laurent Dazin, formateur à l'institut de formation en ergothérapie, soit un peu plus de 500 élèves volontaires.
Une rotation est organisée pour qu'ils puissent continuer à avoir accès à leur formation."
Ils sont aussi rejoints par des étudiants en médecine et en pharmacie.
En renfort dans différents services, ces étudiants se retrouvent sur des métiers différents en fonction de la demande.
Pour l'instant, ils sont peu sur des missions qui sont leur cœur de métiers."
C'est le cas notamment de Julie, étudiante en ergo, envoyée en renfort au service cuisine du CH de Laval depuis lundi matin et qui n'a aucun contact avec les malades :
Ma tâche consiste à préparer les plateaux repas. Le self est fermé, ce ne sont plus des plats chauds qui sont servis. On doit préparer des commandes de type sandwiches, salades, etc. et ça prend beaucoup plus de temps pour les cuisiniers."
Hélène, élève aide-soignante, est, elle, en renfort aux urgences de Laval,
Pour le ménage, pour aider les aide-soignantes, le laboratoire, pour aller chercher du linge ou tout le matériel nécessaire".
Cette expérience n'en est qu'à ses débuts et sera certainement amenée à évoluer.
Bandana et badge orange
Déjà, la semaine dernière, avec la fermeture des portes de l'hôpital de Laval, "il a fallu monter une activité qui n'était pas sur le CH", explique le formateur.
En effet, Vincent, en kinésithérapie, et Brice, en ergothérapie, sont principalement à l'accueil. Ils font le lien entre l'extérieur et les différentes chambres et services, raconte Vincent.
Tout ce que les familles veulent transmettre aux patients est déposé à l'accueil et nous on les monte dans les chambres. Quand il y a des sorties, on emmène les patients aux ambulanciers. On est généralement trois ou quatre étudiants".
Le jeune homme précise ne pas avoir vraiment de contact avec les patients qu'ils dirigent au maximum vers les infirmières.
"On porte un bandana orange et un badge qui nous différencient, comme ça quand on arrive on est reconnu et le personnel de chaque étage prend le relais", précise Brice.
Une présence rassurante
Leur présence semble rassurer les familles, "qui se rendent bien compte que toutes les mesures de sécurité sont appliquées dans l'hôpital et que leurs proches sont pris au mieux en charge", continue l'étudiant.
Brice apprécie cette expérience en lien avec son futur métier :
On est content d'être là parce que quand on est étudiant en santé et qu'il se passe une situation exceptionnelle comme celle-là, c'est agréable de savoir qu'on peut être utile même en 1re année. Les soignants sur place nous font bien comprendre qu'on a toute notre place et qu'ils souhaitent qu'on revienne tous les jours."
Julie admet qu'il y a des jours plus compliqués que d'autres pour ensuite se remettre dans les cours.
En cuisine, je suis debout toute la journée, c'est plutôt fatigant physiquement mais le personnel est reconnaissant et me dit que ma présence permet de les soulager. De base, je pensais plutôt être auprès du soignant mais cette expérience permet de ne pas oublier tous les métiers sans lesquels l'hôpital ne pourrait pas tourner."
"On demande aux étudiants de donner du temps dans un contexte inédit", conçoit Laurent Dazin. Pourtant, Julie, Hélène, Vincent et Brice ne regrettent en aucun cas leur choix de formation.
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