Confinement oblige, Ninon a dû patienter cinq jours avant de faire la connaissance de son petit frère Zacharie. « Elle l'a rencontré lundi, à mon retour de la maternité », confie Charlotte.
La jeune maman s'était préparée à cette naissance un peu particulière. « Le terme était prévu le 25 avril, et vu l'évolution de l'épidémie de coronavirus, je savais que même la présence du papa à l'accouchement pouvait être compromise », confie-t-elle, aujourd'hui soulagée.
Anthony, son compagnon, a pu assister à l'arrivée de leur deuxième enfant. « On était dans l'incertitude jusqu'au dernier moment », explique Charlotte qui a été admise à la maternité de Laval jeudi 26 mars, un peu après minuit.
« Les règles changent très vite »
Charlotte et Anthony arrivent par le service des urgences de l'hôpital, « par une entrée séparée des patients Covid », précise Charlotte. Après un contrôle de leur température pour s'assurer qu'ils ne sont pas porteurs du virus, le personnel soignant rassure le couple. « Ils m'ont dit qu'Anthony pouvait rester », explique Charlotte, qui accouche finalement à 6h30 du matin.
« Le dispositif d'hygiène en salle d'accouchement était le même que pour mon aîné, à part que les soignants portaient tous un masque en permanence », explique la maman, qui est ensuite emmenée en service de néonatologie avec Zacharie, né un mois avant le terme.
À ce moment, Anthony est toujours accepté dans l'enceinte de l'hôpital. « Une infirmière est juste passée nous voir à 9h pour nous informer que s'il sortait, c'était définitif, comme en boîte de nuit », sourit Charlotte.
Finalement, en fin de journée, Anthony est prié de rentrer chez lui. « Pour éviter la propagation du virus, les règles changent très vite. Désormais, lorsque la maman monte dans sa chambre, le papa doit partir », détaille Charlotte qui s'estime chanceuse : « Il a pu être là, on sait que ce n'est pas le cas partout. La maternité de Laval est une des dernières à autoriser les papas à entrer, j'espère que ça va durer. »
"C'est dur aussi pour les soignants"
« Je me mets à la place des parents pour qui c'est un premier enfant, mais aussi des soignants qui doivent annoncer aux papas qu'ils ne peuvent pas assister à l'accouchement, ça doit être dur », assure Charlotte, qui a trouvé du réconfort auprès du personnel pendant son séjour à la maternité. « Je suis restée quatre jours toute seule avec mon bébé, ils ont été très bienveillants. »
Anthony, lui, a passé ces quelques jours avec de la famille, et leur fille Ninon. « Heureusement qu'il y a les téléphones pour garder le contact et présenter le bébé aux grands-parents, oncles et tantes ! », assure Charlotte, qui s'attelle aujourd'hui à l'organisation des rendez-vous post-accouchement.
« Je ferai les rendez-vous avec l'infirmière de la PMI par téléphone et j'ai emprunté une petite balance pour faire le suivi de la courbe de poids de Zacharie à la maison, en attendant de pouvoir voir le médecin, détaille Charlotte, qui voit le positif de la situation. On va pouvoir profiter tous les quatre jusqu'à la fin du confinement ! »
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