Sirhan Bousbih est un héros du quotidien. Il prend soin des personnes fragiles avec ses propres pouvoirs : le sourire et l'attention. Il est gardien de plusieurs immeubles du bailleur social Méduane Habitat dans les quartiers Mortier, Davout, La Coconnière et Grenoux à Laval (Mayenne). « Cela représente environ 500 locataires », explique-t-il.
Son métier n'a pas vraiment changé mais la crise sanitaire et le confinement le mettent en valeur. « On n'est pas les plus malheureux. On a simplement modifié nos façons de faire. On se protège plus mais on continue de répondre au téléphone, prendre les réclamations techniques, nettoyer... »
Le lien social accentué
Il porte un masque et des gants ; du gel hydroalcoolique ainsi que des points d'eau avec du savon sont à sa disposition. « On fait le nettoyage habituel avec une attention accrue sur les points de contacts : boutons d'ascenseurs et d'interphones, boîtes aux lettres, poignées de porte. On a placardé des affiches pour sensibiliser aux dangers du virus. »
La majeure partie de son temps est consacrée aux gens. Il appelle, sonne à l'interphone, demande si rien ne manque. « On a identifié les personnes les plus fragiles. On a accentué le lien social durant cette période. » Des petits gestes importants dans la journée d'une personne isolée.
« Ce sont des personnes qui se baladent beaucoup d'habitude, elles discutent avec les gens qu'elles croisent. On essaie de remplacer. »
Sirhan Bousbih va au-delà. « Je pose beaucoup des questions : si elles mangent et s'hydratent bien, si elles ont des contacts avec la famille. Une personne âgée sort chaque matin à 7h. Si je ne la vois pas, je vais aller demander si tout va bien. »
Au quotidien, il côtoie la solitude : « Certaines personnes trouvent un prétexte pour m'appeler mais je sens bien que c'est juste pour parler. Je prends le temps de le faire. J'essaie d'apporter ma contribution au bien-être. » Appel téléphonique, discussion à l'interphone ou à la fenêtre. Parfois, il reste derrière la porte pour les quelques locataires qui ont peur d'être infectés.
Un confinement respecté
Après quatre ans comme gardien, ce père de famille observe une solidarité entre locataires. « Les gens sont plus attentifs. Ils font les courses pour les personnes âgées, s'inquiètent s'ils n'ont pas eu de nouvelles. C'est une des belles choses du confinement. Il y avait toujours des conflits de voisinages à régler. J'ai de moins en moins d'appels pour ça. »
Dans les immeubles dont il s'occupe, Sirhan Bousbih confirme que le confinement est bien respecté. « Les gens prennent l'ascenseur un par un. » Même si quelques excès sont toujours présents. « Je fais énormément de pédagogie pour le tri des déchets mais certains laissent encore des détritus par terre. »
"Je pense que ça va créer des liens"
Tout travail mérite une récompense. Pour Sirhan, ce n'est pas une prime financière mais bien la gentillesse des gens qu'il reçoit. « Des locataires prennent des nouvelles de ma famille et de moi, j'ai quelques applaudissements en passant, quelques remerciements. Les gens ont des scrupules à marcher où c'est encore mouillé quand je nettoie... Ça fait chaud au cœur. J'ai grandi dans ces quartiers, les gens se rendent compte de l'importance du gardien. »
Optimiste, il espère que le positif sera tiré de cette situation. « Je pense que ça va créer des liens. Les gens se rendront compte qu'on veille les uns sur les autres. »
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