Stress, angoisse, insomnies, fatigue, anxiété, protocole inapplicable... Voilà les mots que les syndicats enseignants entendent depuis le confinement et encore plus depuis la reprise de l'école mi-mai.
Ce mercredi 20 mai 2020, un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail se tiendra à la Direction départementale des services de l'Education nationale de la Mayenne suite à l'alerte lancée par 99 directeurs et directrices d'écoles qui craignent pour leur santé mentale et physique. Cette instance, réunissant employeur, représentants du personnel et professionnels de la santé, doit permettre de dialoguer autour des questions de santé et de sécurité au travail.
Protocole trop lourd et responsabilité
« Ces directeurs d'école, de plus en plus nombreux, nous informent qu'ils ne souhaitent pas endosser cette lourde responsabilité d'ouvrir leur école en assumant l'applicabilité du protocole sanitaire national jugée trop lourd pour être respectée dans son intégralité », souligne le Snudi-FO, rejoint dans cette démarche par les autres syndicats enseignants.
« Beaucoup de ces directeurs sont à bout, submergés, angoissés et anxieux à l'idée de devoir mettre en œuvre de telles dispositions et en endosser la responsabilité », poursuit le syndicat.
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Une demande supplémentaire des services
En milieu de semaine dernière, une lettre ouverte avait été envoyée au directeur académique des services de l'Education nationale (Dasen). Elle évoquait des directeurs et directrices à bout.
« Il ne manquait plus qu'une goutte pour que cela déborde. Il semble que vous l'ayez versée : vos services ont envoyé une nouvelle injonction pour que des enquêtes quotidiennes de présence leur soient envoyées, avant 17h. Le tout accompagné de coup de téléphone de rappel dès le matin, parfois chez des enseignants qui n'étaient pas en service à ce moment-là. »
« Je les félicite pour leur engagement »
Interrogé en début de semaine sur les difficultés rencontrées par les professeurs, Denis Waleckx, le Dasen, a dit les reconnaître. « Je les félicite pour leur engagement. C'est sûr que le protocole pèse, ce n'est pas l'école d'avant. Mais j'invite les professeurs à faire ce qu'ils savent très bien faire : l'accueil, la mise en mots, les gestes barrières... »
La réponse semble bien lointaine des revendications des syndicats : protection des directeurs sur le plan sanitaire, sur celui de la sécurité et sur celui de la responsabilité juridique, amélioration substantielle du régime de décharge de direction, dépistage systématique des personnels et des élèves, mise à disposition de masques FFP2...
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