Les déclarations du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, lundi dernier, ont été "la goutte de trop", selon Nicolas Crétois, délégué Alliance et policier à Laval (Mayenne).
Ce vendredi 12 juin 2020, ils ont été 70 à répondre à l'appel de l'intersyndicale et à se regrouper devant le commissariat de police. Ils ont déposé menottes et autres outils de travail à terre pour manifester leur mécontentement.
"On condamne l'affaire Floyd"
Vivien Garreau est le secrétaire départemental Unité SGP-FO Police. Il vise directement le ministre de l'Intérieur, qui a prôné lundi la "tolérance zéro" contre le racisme dans la police et annoncé l'interdiction de plusieurs techniques d'interpellation : "Notre ministre nous lâche. Il s'est exprimé sous la pression de plusieurs collectifs anti-racistes, qui disent que le racisme est systématique dans la police. On condamne l'affaire Floyd aux Etats-Unis. La présomption de culpabilité pour les policiers est inadmissible."
"Nous faisons preuve de gestes professionnels"
Dans l'affaire du décès de George Floyd, qui secoue les Etats-Unis depuis plusieurs jours, les policiers ont utilisé une technique d'étranglement, dite "clé de cou". "L'avoir maintenu durant plus de huit minutes est inadmissible", indique Vivien Garreau, qui explique : "Cette technique sert à maîtriser les gens très véhéments."
Nicolas Cretois précise :
"Nous faisons preuve de gestes professionnels. Ce ne sont pas des violences gratuites comme on peut l'entendre dire, mais des techniques d'intervention."
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D'autres actions à venir ?
La police est "républicaine" ont rappelé les deux syndicalistes. "Avec des collègues de toutes les couleurs, de toutes les religions, précise Nicolas Cretois. Il y a, comme dans toute la société, des racistes. On est tous d'accord pour dire qu'il faut lutter contre ça." "Les policiers qui font des erreurs continueront à être sanctionnés", ajoute Vivien Garreau.
L'action de ce vendredi 12 juin 2020 en appellera peut-être d'autres.
Il y aura peut-être des actions plus dures par la suite, prévient Vivien Garreau. Beaucoup de gens nous suivent, nous soutiennent."
En attendant, même si Christophe Castaner "commence à faire marche arrière", beaucoup de policiers "demandent sa démission, indique Vivien Garreau. Il est trop tard."
"On entend dire dans nos rangs que ça sera difficile, désormais, d'engager le dialogue avec lui. On attend d'un chef qu'il soutienne ses hommes", conclut Nicolas Cretois.
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