À quelques jours de l’échéance, Florent Leg a décidé de retirer sa candidature pour l’achat de la ferme de la Roche à Grazay. « Il nous a informés de sa décision en fin de semaine dernière », confirme Lionel Dujarrier, directeur de la Safer53, propriétaire du terrain de 44 ha.
Le gérant de l’entreprise Le Rucher des Trois Frontières souhaitait y installer un rucher spécialisé dans la production de gelée royale bio.
Inquiétude et mobilisation
Un projet « pilote », qui n’a pas tardé à inquiéter les apiculteurs locaux et les associations environnementales. « Il met en péril la survie de l’abeille locale, signe la fin de la production de miel en Mayenne et menace l’équilibre de la biodiversité », confiaient, il y a deux semaines, Ludovic Delacour et Nicolas Pigache, apiculteurs dans le nord-Mayenne.
Ils avaient décidé de créer à la hâte un collectif avec le soutien de l’association Les Abeilles Mayennaises et Mayenne Nature Environnement. La réunion publique, organisée mardi 7 juillet, avait mobilisé près de 200 personnes.
Des "réserves" du côté des élus
Mayenne Communauté avait aussi émis des « réserves » sur le projet et s’était emparé du dossier.
Nous avions demandé un report de la décision à la Safer, le temps de commander une étude pour bien cerner son impact environnemental, explique Pierrick Tranchevant, vice-président en charge de l’économie. Nous souhaitions aussi étudier les règlements en vigueur au Luxembourg et en Allemagne, qui refusent ce genre d’installations. Je crois que Florent Leg a abandonné en voyant le sérieux et l’implication des Mayennais. Il a été surpris. »
Faire évoluer la loi
Aujourd’hui, Ludovic Delacour et Nicolas Pigache sont « soulagés » de l’abandon du projet à Grazay, mais « craignent que le projet aboutisse ailleurs. Notamment dans des départements limitrophes comme la Manche, l’Ille-et-Vilaine ou l’Orne. »
Ils souhaitent désormais voir évoluer la législation concernant l’installation de ruchers en France et le cahier des charges de la gelée royale bio. « Si au moins ce projet peut servir de point de départ », confie Ludovic Delacour.
« Les parlementaires mayennais Yannick Favennec et Guillaume Chevrollier avaient relayé nos inquiétudes et porteront le dossier notamment pour déterminer s’il faut entreprendre une évolution législative quant à la gestion du risque environnemental, indique Gilbert Pouleyn, président de l’association Les Abeilles Mayennaises. Yannick Favennec s’est étonné qu’aucune étude d’impact ne soit réalisée en amont d’un tel projet. Il a alerté le ministre de la Transition écologique et le ministre de l’Agriculture sur la question. Guillaume Chevrollier a saisi l’Office français de la biodiversité. »
La ferme de la Roche maintient sa candidature
De son côté, l’association La Ferme de la Roche maintient sa candidature pour acquérir le terrain. Elle a demandé un report de la décision du comité technique de la Safer, qui doit se réunir ce jeudi 16 juillet, « le temps de peaufiner le dossier et de se structurer juridiquement ».
L’association souhaite y installer une ferme, une maison d’assistants maternels et des logements pour personnes âgées et en situation de handicap.
Contacté, Florent Leg n’a pas souhaité faire de commentaires.
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