Comment s’annonce la rentrée dans les entreprises en pleine crise sanitaire ?
Il faut rester lucide. Les 4 et 5 prochains mois vont être difficiles car la crise perdure. Pour autant, un reconfinement généralisé n’est pas envisageable. Nous serons très vigilants au sein des entreprises avec le retour de congés des salariés, favorable à la circulation du virus. On saura en janvier-février si la reprise est bien là.
Courant août, la ministre de l’Emploi, Elisabeth Borne, a évoqué l’obligation du port du masque dans les entreprises à partir du 1er septembre. Est-ce une mesure facile à appliquer ?
Pour l’instant aucun décret n’a été publié dans ce sens, donc c’est la loi du 10 juillet qui s’applique (distanciation physique d’un mètre, mesures barrières, gel hydroalcoolique…). Une généralisation du port du masque pourrait créer une psychose et entraver la reprise économique. Ce serait dramatique pour l’emploi. Le port du masque doit donc être décidé au cas par cas, en fonction des entreprises, de leur activité.
Il faut faire confiance aux entreprises qui, depuis le début de la crise, ont été exemplaires dans le respect des mesures sanitaires. D’ailleurs, à part dans les abattoirs, ce n’est pas dans les entreprises que les foyers sont apparus. Lorsque la distanciation n’était pas possible, les entreprises ont d’elles-mêmes imposé le port du masque. Et lorsqu’un cas était détecté, la personne était isolée. Nous sommes donc très impliqués dans la gestion de la crise.
Un plan de relance qui va dans le bon sens
Le gouvernement a repoussé d’une semaine le plan de relance. Est-ce une erreur ? Et quelles mesures attendez-vous ?
Le fait que ce plan soit reporté d’une semaine est anecdotique. Ce qui est le plus important, c’est le fond. Les grandes lignes qui se sont dessinées au fil de nos discussions avec le gouvernement vont dans le bon sens. La baisse de l’impôt sur les sociétés semble être actée avec l’objectif d’atteindre les 25 % dans les prochaines années (ndlr : il est actuellement de 33 % pour les entreprises réalisant plus de 500 000 euros de chiffres d’affaires). Autre mesure attendue, la baisse des impôts de production (ndlr : la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) ainsi que la cotisation sur la VA des entreprises (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE) à hauteur de 10 milliards d’euros. Cela va rendre de la compétitivité aux entreprises, notamment à celles à forte main-d’œuvre. Le chômage partiel devrait être reconduit ainsi que le soutien aux investissements d’avenir favorisant la transition écologique. Enfin, ce plan a l’ambition de retrouver une souveraineté économique et de favoriser la relocalisation en France et en Europe. Cela devrait passer par le soutien de certaines filières comme la santé ou l’automobile avec les batteries électriques qui viennent toutes de Chine. On ne peut pas être indéfiniment tributaires de l’Asie.
À la fin du confinement, le gouvernement a décidé d’aides en faveur de l’apprentissage (de 5 000 à 8 000 euros). Les entreprises ont-elles joué le jeu ?
Oui, un grand nombre a fait le choix de recruter des apprentis. Mais il n’y a pas que les aides financières. Il y a le niveau d’études. Avant, on s’arrêtait à Bac + 3. Au niveau du Medef et notamment de celui de la Mayenne, on s’est battu pour relever ce seuil. Désormais les Master 1 et 2 (Bac +4, +5) sont intégrés dans les mesures liées à l’apprentissage. Cela représente environ 40 000 étudiants. Tout cela a créé une vraie dynamique.
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