Les heures s'enchaînent. Le personnel s'épuise. Au centre hospitalier de Laval (Mayenne), une vingtaine de personnes se sont réunies devant le hall d'entrée pour protester contre des conditions de travail "déplorables" dans le service du court séjour de gériatrie, appelé "3C".
"Toutes les journées sont des courses contre la montre, alertent les infirmières et les aides-soignantes. Il faut toujours travailler vite. On doit prioriser les sonnettes et donc faire attendre certains patients. On aimerait rendre le soin plus humain pour répondre à tous les besoins des patients. Ce ne sont pas des machines !"
"Ce ne sont pas des machines"
29 lits dans le service. Toujours ouverts et toujours saturés. Selon le syndicat Force Ouvrière, les équipes de l'hôpital de Laval ne sont déjà pas assez pour vingt lits. Il demande "au minimum deux infirmières de jour, une aide-soignante de jour, et une aide-soignante de nuit en plus".
Le manque de relations humaines se caractérise par des temps de soin compressés au maximum. "Dans notre service, ce sont des personnes âgées (ndr : 87,5 ans de moyenne). Tout est plus long à réaliser. La toilette plus l'habillage prend en théorie entre 25 et 30 minutes. On doit le faire en à peine dix minutes. On aimerait rendre le soin plus humain, prendre le temps de les écouter." Le personnel observe des patients de plus en plus dépendants qui demandent encore plus d'attention et de soins.
La direction demande un délai de dix jours
Huit membres du personnel ainsi que Force Ouvrière ont été reçus par la direction de l'hôpital pendant deux heures, lundi 24 août. Cette dernière a demandé un délai de dix jours pour remédier aux problématiques. "La direction est consciente du niveau de fatigue des équipes. L'effort a été considérable. L'activité des urgences reste soutenue en période estivale contrairement aux années précédentes. Il y a une pénurie de candidatures. Nous ne sommes pas les seuls. J'ai le sentiment que le phénomène est plus fort cette année. Ce n'est pas un problème de restrictions budgétaires", affirmait la direction, jeudi 13 août.
https://www.facebook.com/fochlaval/videos/1033414407106603/?__tn__=%2Cd%2CP-R&eid=ARBvlbxasM2fUr0u26UvBrc7jly_Uuw-R9bwn4EvxYL9ryjzTwGg7TvhnIyYe1tnAThngW4ZzIl8hrDJ
La mobilisation du personnel service de gériatrie date de décembre 2019. "Nos conditions de travail sont inadmissibles !"
Les heures supplémentaires sont habituelles et deviennent légions. 110 heures chez une aide-soignante à temps plein, 75 heures pour une autre à 90%... "Au niveau de la pointeuse, les horaires sont modifiés. Si on en fait le soir, il faut le justifier. Au final, on n'arrive même pas à les poser", regrettent-elles.
"Notre service est un peu fourre-tout"
Le service accueille des patients atteints de la Covid-19 depuis le 13 août. "Notre service est un peu fourre-tout : des patients avec des troubles cardiaux, des maladies neurocognitives... S'ils ont plus de 60 ans, ils viennent chez nous. Le service n'est pas fermé. Un patient pourrait déambuler et entrer dans la chambre de la personne atteinte de la Covid. On est tellement peu que l'on passe à côté. "Notre service est un pue fourre-tout"
Après la fatigue vient l'angoisse. Le contact "hôpital de Laval" qui s'affiche sur le téléphone devient une hantise. "Après un week-end de trois jours, on m'a appelé sur mon seul jour de repos pour que je vienne travailler. Si je pense au travail, ce n'est plus du repos", dénonce l'une d'entre-elles. "Il faut donner son numéro de téléphone fixe, pas son privé", solutionne sa collègue, qui explique avoir perdu le bénéfice de ses vacances en moins d'une semaine.
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