"Le contexte familial est extrêmement particulier, la situation est compliquée", a débuté la présidente du tribunal de Laval (Mayenne), jeudi 5 novembre 2020. Un homme de 54 ans et sa femme, 51 ans, qui résident à Bais, ont été jugés pour des faits de violences réciproques.
Le 12 août dernier, à 21h55, c’est le mari qui contacte la gendarmerie pour signaler que sa femme a quitté le domicile avec son fils de 16 ans, qui est scolarisé à la maison. Une dispute avait eu lieu ce jour-là et l’homme avait saisi sa femme par les bras en la menaçant de mort.
Le mari, avec 1,5 g d’alcool par litre de sang, est placé en garde à vue. La femme et le fils sont retrouvés. A la barre, le mari, seul présent à l’audience, se justifie : "Je bois pour oublier que j’ai mal à la jambe."
Une caméra dans le salon
C’est une caméra de vidéosurveillance placée dans le salon qui révèle aux forces de l’ordre l’atmosphère particulière qui règne quotidiennement au domicile du couple.
La présidente du tribunal détaille : "Sur certaines vidéos, on vous voit tenir madame par les poignets. Dès que vous approchez, elle hausse le ton et tend les bras pour se protéger. On vous entend proférer des menaces de mort. On voit que chacun a son espace de vie, tout est séparé, notamment par des paravents. Chacun a son étage dans le frigo, vous faites chambre à part, chacun a son ordinateur puisque vous travaillez tous les deux au domicile. En fait, chacun reste à vivre là sans se voir.
La rupture au domicile était installée depuis au moins six mois avant les faits. "Madame raconte même mettre des bouchons d’oreille pour ne plus vous entendre." Celle-ci a reconnu avoir mis des claques à son mari, l’avoir repoussé et donné un coup de pied au tibia.
Le prévenu, hospitalisé en 2012 pour des soucis d’alcool, se défend : "Les rares fois où j’ai voulu entamer une discussion, on me répondait ''je ne veux pas te parler''."
Un schéma parental "étrange"
La présidente lui répond : "Le schéma parental que vous donnez à votre fils est étrange. Vous vous revoyez vraiment reprendre la vie commune avec elle ?" Ce à quoi l’homme répond : "Nous allons divorcer."
L’homme et sa femme, aux casiers judiciaires vierges, se constituent parties civiles. La procureur, Céline Maigné, n’arrive pas à "concevoir qu’on puisse faire vivre un gamin de 16 ans dans cette ambiance. Il est hors de question que cela dure". Elle requiert quatre mois de prison avec sursis probatoire de deux ans pour le mari, et deux mois de prison avec sursis simple pour sa femme.
Le tribunal suit ces réquisitions pour la femme, et condamne le mari à trois mois de prison avec sursis probatoire de deux ans (obligation de soins et de résider hors de la résidence du couple).
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