Le verdict est tombé le 31 décembre 2020. L’opérateur Bouygues pourra bien construire une antenne relais sur les hauteurs de la commune de Marcillé-la-Ville, près de Mayenne.
En effet, le tribunal administratif de Nantes a jugé irrecevable le recours déposé par un couple de riverains à l’encontre de l’entreprise de télécoms et de la commune. « Le tribunal a été saisi plus de deux mois après le dépôt du permis de construire, c’était trop tard », explique l’avocat des requérants.
Ces derniers reprochaient la proximité de l’installation avec leur maison mais également le manque de communication en amont du projet.
Une deuxième antenne située à 127 mètres de la maison
« On ne fait pas le poids », confient-ils aujourd’hui, amers, en montrant la dalle de béton construite dans le champ devant leur maison.
« Elle est située à exactement 127 mètres de notre porte », précisent-ils. D’ici quelques semaines, elle supportera une antenne de 32 mètres de haut.
Les riverains pas prévenus du projet
Un projet qu’ils ont découvert presque par hasard en août 2020. « Nous avons vu le panneau de permis de construire sur la clôture. Personne ne nous a prévenus, ni la mairie ni l’opérateur. La manière de faire n’est pas acceptable. »
En septembre, ils décident d’intenter une action en justice contre Bouygues et contre la mairie pour stopper le projet.
Pollution visuelle et risque sanitaire en question
Une pollution visuelle à laquelle s’ajoutent des craintes pour leur santé. « Nous avons peur à cause des ondes émises. Bouygues nous a envoyé un dossier expliquant que le danger sanitaire n’était pas prouvé. Mais on n’y croit pas. »
"L'objectif : désenclaver une zone blanche"
D’autant qu’une autre antenne, de 30 mètres de haut et appartenant à l’entreprise Orange, a déjà été construite à 150 mètres de leur maison il y a quelques années. « Pourquoi Bouygues ne s’est pas raccordé à cette dernière ? », s’interroge le couple.
« En recevant la demande de permis de construire, j’étais surpris que Bouygues ne puisse pas s’installer sur l’antenne existante. Cela aurait été moins gênant et moins onéreux », souligne également le maire, Guy Beaujard, qui concède le manque de communication avec les riverains. « Cela me servira de leçon, même si tout a été fait dans les règles, assure-t-il. Quant à l’objectif du projet, il est simple : nous voulons désenclaver une zone blanche. Et pour cela, il faut poser les antennes sur les sommets. »
Pourquoi ne pas s'installer sur l'antenne existante
« Nous avons envisagé de nous installer sur l’antenne d’Orange, assure Margaux Féty, négociatrice en télécoms chez Circet, chargée du projet pour le compte de Bouygues. Mais quand un opérateur construit un pylône, il se met tout en haut. Or, on doit écarter les implantations de six mètres. La qualité de réseau demandée par l’État n’aurait pas été atteinte si nous nous étions installés à 24 mètres. Nous nous exposions à un risque d’amende. »
Pas de règles de distance avec les habitations
Concernant la proximité avec les habitations, « c’est un grand flou, poursuit la professionnelle. Dans les textes, il n’y a pas écrit noir sur blanc que les opérateurs doivent respecter une distance. On essaie de se mettre le plus loin possible car on sait que ça va amener des riverains mécontents. Mais on doit prendre en compte la contrainte du raccordement à l’énergie. Et là où il y a des maisons, il y a de l’électricité. La facture est alourdie de manière significative si on doit faire un raccordement de plusieurs centaines de mètres."
Des lacunes dans la réglementation que dénoncent aujourd’hui les habitants de Marcillé-la-Ville. « Nous nous sentons complètement isolés dans notre combat alors que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. Les projets se multiplient. »
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