Qu'on se le dise, Jean-Pierre et Jackie Marcheras ne comptent pas lâcher l'affaire. « Je tiendrai contre vents et marées, assure le restaurateur de L'Orée du Bois à Belgeard. Il y a du travail et ça leur ferait trop plaisir. » Mais neuf mois sans pouvoir se verser de salaire, ça use !
En cause : le refus d'un prêt de 20 000 € par leur banque, la Société générale. L'histoire remonte à l'été 2014, au moment où le couple reprend le restaurant ouvrier, vidé de tout son contenu par les précédents propriétaires. Il faut tout racheter : matériel de cuisine et mobilier. Les Marcheras demandent alors un prêt de 20 000 €, un prêt que les époux assurent s'être fait accorder verbalement début juillet dans l'agence de Mayenne par le conseiller financier des professionnels, en présence de deux autres personnes de la Société générale. Et en attendant ce prêt, une autorisation de découvert leur était même mise en place. « Trois jours après, ils nous coupaient tout, se souvient l'homme. Tout était rejeté. Les chèques sans provision nous ont fait être inscrits à la Banque de France. » A la Société générale, on leur répond que le dossier n'a pas été accepté en commission.
La mairie de Belgeard entre alors dans la danse et accepte de se porter garante du paiement de ce prêt. « Ce sont des bosseurs, ils sont tout le temps ouverts. Ils méritent de réussir », explique Jean-Pierre Chouzy, le maire. Rien à faire, la banque refuse. Et aucune solution n'est proposée.
Le problème pour les restaurateurs, c'est qu'ils ne peuvent pas aller voir une autre banque tant qu'ils n'ont pas un an de bilan à présenter. Actuellement, le médiateur de la Banque de France tente tout de même de leur trouver un autre établissement bancaire.
Cela leur permettrait de souffler un peu. Pour rouvrir le bar-restaurant et l'épicerie, ils ont déjà investi plus de 30 000 €. Ce prêt leur ouvrirait aussi des perspectives au niveau traiteur. « On a du travail qui se développe mais sans véhicule professionnel avec chambre froide, c'est limité. Nous avons dû refuser des repas parce que nous n'avions pas ce véhicule », regrette le maître des lieux. « La location de ce matériel est très chère », précise sa femme.
Jean-Pierre s'interroge toujours sur cet acharnement. « Est-ce-que c'est à cause des difficultés rencontrées par le restaurant avant ? » Une chose est sûre : « Je veux que ça fasse jurisprudence pour que ça n'arrive pas à d'autres. »
Contactée, la Société générale s'est retranchée derrière le secret bancaire.
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