Ils ont fait du suicide de leur fils un combat face au harcèlement que peuvent subir certains étudiants. Mardi 16 mars 2021, Monique et Bruno Gorget, qui résident en Seine-et-Marne, seront présents au tribunal judiciaire de Laval (Mayenne). Ils attaquent l’école l’Estaca en justice.
En avril 2015, lors d’une soirée étudiante, Adrien Gorget, en 3e année à l’Estaca, reçoit des coups de la part d’un autre garçon de sa promotion qui saccagera sa voiture quelques heures après. Six mois plus tard, Adrien était retrouvé pendu dans sa chambre à la cité universitaire. Il laissait derrière lui plusieurs écrits mettant en cause l’école et les élèves.
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"Trois ans de procédure, pour rien"
Le 21 juillet 2016, consécutivement à la plainte déposée par Adrien de son vivant, l’auteur des coups était, entre autres, condamné à quatre mois de prison assortis du sursis.
Le mois d’avril précédent, les parents d’Adrien avaient déposé plainte contre X avec constitution de partie civile pour des faits de harcèlement moral. En juillet 2018, l’ordonnance de non-lieu est tombée. "Entre le décès d’Adrien et cette date, il y a eu trois ans de procédure, pour rien", se désole Monique Gorget.
"Ils nous ont salis"
Les parents ont ainsi décidé d’attaquer l’école pour un euro symbolique, « par rapport à leurs devoirs vis-à-vis des élèves ». « Nous les avions prévenus que notre fils avait subi beaucoup de problèmes. Pour ne pas entacher leur réputation, ils nous ont salis », poursuit Bruno Gorget. « Ça sera au juge de décider si, oui ou non, l’école a fait son travail », conclut son épouse.
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"Adrien croyait en la justice"
De leur fils, "qui a laissé suffisamment de preuves pour qu’on le défende", ils racontent : "C’était un élève brillant, un enfant honnête, d’une gentillesse extrême. De son vivant, il croyait en la justice. Nous espérons qu’elle le lui rendra. La justice doit reconnaître qu’il y a eu un faux pas. Adrien doit ouvrir la voie pour que l’omerta qui règne dans les établissements supérieurs s’arrête."
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Les parents d’Adrien ont créé l’association Adrien, une justice pour les étudiants. "Il ne faut plus que ce cas se reproduise. Si Adrien en est arrivé à se pendre, c’est qu’il a été humilié, battu, isolé." Sa mère se souvient : "Un jour il m’a écrit : ‘Ce soir, go resto. Devine qui n’a pas été invité ?’. À travers ses messages, nous avons vécu sa descente aux enfers. Ce qui a été dit sur lui est le contraire de l’homme qu’il était. Il mérite de reposer en paix. Pourquoi serions-nous les seuls à supporter le poids de ce drame ?"
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