Le tribunal de Laval (Mayenne) jugeait jeudi 16 décembre 2021 trois hommes qui s'étaient acharnés sur leur victime dans la nuit du 6 au 7 octobre 2020 dans une cave du quartier Saint-Nicolas à Laval.
Le bâtonnier Doreau n’a pas hésité à comparer les protagonistes de l’affaire au « gang des barbares ». A l’origine de cette affaire : une dette engendrée par le trafic de drogue, qu’un homme n’a pas pu régler à ses donneurs d’ordre.
Un solde de 200 €
Celui-ci étant déjà incarcéré, les délinquants vont se retourner contre sa compagne. Devant le danger encouru par cette dernière, c’est finalement son propre frère qui va décider de régler la dette de son beau-frère. L'homme est convoqué au centre Murat le 6 octobre 2020 afin de s’acquitter des derniers 200 €.
Coups de poing, de barre de fer...
Il est aussitôt conduit dans une cave où il va subir plusieurs heures de passage à tabac, frôlant parfois des actes de torture. Il ressortira avec 110 jours d’ITT. Il a de nombreuses ecchymoses, un plaie au bras occasionnée par un couteau et des côtes cassées. Il est surtout énormément choqué, à tel point qu’il ne voudra pas témoigner contre ses agresseurs par peur de représailles. Il été frappé à coups de barre de fer, de lattes de sommier, a reçu de multiples coups de poing . On lui fait baisser son pantalon et menacé de sodomie avec un manche à balai. Il avouera "avoir pensé mourir". Le but des agresseurs est de le garder sous leur coupe en le forçant à écouler de la drogue pour leur compte.
Ce sont des voisins, qui bien qu’inquiets eux aussi de possibles menaces, vont appeler les pompiers précédant l’arrivée des forces de l’ordre.
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Ils nient leur présence sur les lieux
Deux des prévenus sont déjà en détention et ils comparaissent dans le box, entourés de cinq policiers. Âgés tous les deux de 31 ans, ils totalisent 26 et 17 mentions sur leurs casiers judiciaires : beaucoup d’actes de violence et de vols. Ils ont vécu du RSA avant leurs séjours en maisons d’arrêt.
Ils nient leur présence sur les lieux, se défendent avec force et sourient même lorsque la Présidente présente le visage tuméfié de la victime.
Mais à la barre, il y a le troisième comparse qui lui, a reconnu les faits et dénoncé, lors de ses interrogatoires les responsabilités de chacun des acteurs. Il n’a que 20 ans et une seule mention est portée sur son casier. Il affirme avoir été contraint par les deux autres de porter des coups à l’encontre de la victime.
L’enquête a, par ailleurs, mis à jour des traces ADN sur les objets retrouvés dans la cave, attestant ainsi de la présence des quatre personnes : la victime et les trois délinquants.
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Le troisième prévenu échappe à la prison
La partie civile ayant réclamé une provision de 20 000 € en dommages et intérêts, c’est au tour du Parquet de requérir très longuement. La procureure va exprimer avec beaucoup de conviction ses arguments. Elle souhaite éviter une réitération de tels actes et n’a aucun doute sur la présence des deux caïds.
Seul le plus jeune des prévenus va échapper à la prison : son âge et les doutes sur la pression exercée par ses aînés atténuent la sanction : 16 mois ferme avec bracelet et 20 mois avec sursis. Les deux trentenaires sont condamnés à cinq années de détention, interdiction de séjourner en Mayenne à leur sortie de prison, de détenir une arme et suppression de leurs droits civiques.
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