Depuis le début de la saison, les joueurs du Stade lavallois comme les observateurs font le même constat : les Tango éprouvent des difficultés à être performants pendant plus d’une mi-temps.
Deux jours après la défaite face au Havre (1-3), Olivier Frapolli a fait le point, à froid. L’entraîneur du Stade lavallois et son staff pensent avoir trouvé la raison liée à ce manque de régularité tout au long du match. Il l’a exposé en conférence de presse avant la réception de Sochaux ce vendredi 2 septembre 2022.
Le tacticien lavallois met notamment en avant les pertes de ballons trop rapides des Tango et leur envie d'aller systématiquement vers l'avant.
Pourquoi le Stade lavallois n’arrive-t-il pas à mettre de l’intensité tout au long du match ?
On a les données complètes au niveau athlétique de toutes les équipes par match. On est dans la norme en termes de volume de courses et de sprints. On ne peut pas faire moins. En analysant le match (du Havre), on a des progrès à faire sur nos récupérations médianes hautes où systématiquement on est dans la précipitation. Avec le recul, à domicile notamment, c’est presque fougueux. On est emballé, on répond au premier appel. Du coup, on n’arrive pas à ancrer notre jeu suffisamment longtemps chez l’adversaire. Forcément, à un moment donné, cette débauche d’énergie, on l’a paye. On ne peut pas faire tout le match avec : une récupération, une projection, une récupération, une projection etc.
Il faudrait ainsi installer des temps de possessions ?
Exactement. On l’a bien fait contre Metz dès qu’ils sont passés à 10. On a réussi à avoir le ballon chez eux avec plus de 70 % de possession. Face au Havre, on a eu un nombre incalculable de ballons qu’on récupère dans les bonnes zones mais notre enthousiasme, notre générosité et notre envie d’aller vers l’avant fait qu’on recherche un jeu long, une déviation, une passe décisive. On cherche tout de suite la solution. Neuf fois sur dix, cela donne lieu à une récupération adverse. On récupère des ballons après avoir fourni un effort, on tente et sur le premier temps on le perd. C’est vraiment là où on va devoir faire des progrès pour que dans nos matchs, on puisse appuyer sur les temps forts en gardant notre intensité. On n’aura pas le temps de travailler tout ça entre mercredi et vendredi, c’est un travail de longue haleine.
"On est pris par l’enthousiasme et la générosité"
Cela vous rassure d’avoir découvert cette raison aussi flagrante liée à la difficulté de tenir un match dans sa globalité ?
Oui car cela m’a sauté au visage. L’année dernière, on avait un peu le même défaut à domicile où on était dans l’impatience. On se faisait contrer et on perdait lors de la première partie de saison contre de bonnes équipes comme face à Bourg. On avait l’impression qu’on les bousculait et sur les pertes (de ballons), on était puni. C’est un peu la même chose (cette année). On est pris par l’enthousiasme et la générosité. Du coup, on n’a un peu moins de maîtrise. Dans ce championnat, il faut avoir une maîtrise. Si on ne maîtrise pas un peu le tempo du match, on est quasiment sûr de le payer cash.
Il y a donc un juste milieu à trouver entre pouvoir presser haut et bien défendre ?
Exactement. Il faut trouver un juste équilibre entre le fait de s’engager dans la bataille avec du cœur de l’énergie et garder des temps où on ne peut pas tout le temps attaquer ou servir le premier appel car c’est voué à l’échec. Il faut avoir du discernement, de la lucidité pour mettre des temps de possession. J’entendais le coach adverse le répéter à 2-1 car il sentait bien que ça use mentalement et physiquement l’adversaire. Même si parfois, on peut croire qu’il y a des redoublements de passes inutiles, sur la durée du match, ça use l’adversaire et cela crée des brèches. Cela peut expliquer qu’à un moment donné, l’adversaire fait des erreurs parfois grossières. On a des progrès à faire là-dessus.
"En termes de volume de courses, d’intensité, on joue quasiment avec un joueur de plus que l’année dernière"
Qu’en est-il des donnés kilométriques joueurs ?
Le ballon est moins souvent en touche (par rapport au National). En termes de volume de courses, d’intensité, on joue quasiment avec un joueur de plus que l’année dernière mais on est dans la moyenne. On fait en moyenne dix kilomètres de plus qu’en National. Comme il y a plus de qualités techniques, le ballon est plus en jeu et le temps effectif du match est plus grand. Sur des équipes aussi habiles techniquement que Le Havre, pour récupérer le ballon, c’est très dur. Alors si tu le récupères et qu’au bout d’une, deux, trois passes, tu le reperds, à un moment donné il y a trop d’écart.
Est-ce que vous l’aviez anticipé lors de la préparation ?
Non car on n’avait pas ces données l’année dernière. On s’était renseigné, on savait qu’il y avait un palier supérieur sur le volume de course général. La question est de savoir en combien de semaines, tu arrives à imprégner ça à tes joueurs. Par exemple, l’année dernière, Jimmy (Roye) courrait entre 10 et 10,5 kilomètres par matchs. Cette saison, il est toujours au-dessus de 11. Il est en capacité de le faire alors il faut qu’on utilise notre énergie à bon escient. Ces données sont intéressantes pour le recrutement. Aujourd’hui, on n’avait pas le recul. En fin d’année, on l’aura.
https://twitter.com/stadelavallois/status/1565395346460745728?s=20&t=2skoEWERtfPktjpD2_-jIQ
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