La victime est tétraplégique et ne peut commander son fauteuil qu'avec son menton. C'est la seule autonomie qui lui reste et tous les gestes de la vie courante lui sont désormais interdits malgré un raisonnement et une expression orale restés intactes. Ce jeudi 8 septembre 2022, au tribunal de Laval (Mayenne), elle est assistée du bâtonnier Delatouche, qui la connait depuis trente ans et défend ses intérêts dans ce procès difficile.
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Atteinte d'une sclérose en plaques
En cette nuit du 2 au 3 janvier 2022, la personne chargée de l'assister l'a soudainement abandonnée et laissée dans l'angoisse pendant trente heures. L'assistante de vie s'est enfuie car elle a "vu une ombre au plafond". Elle laisse la malade seule dès 3h du matin, ferme les volets et ne prévient personne. Ainsi la personne qui devait venir prendre le relais, voyant l'habitation fermée, se dit que la malade est partie ! La victime, atteinte d'une sclérose en plaques, reste seule pendant trente heures, ne pouvant ni enlever son masque respiratoire, ni vider sa poche d'urine.
Lorsque les pompiers interviennent, ils trouvent une personne en état de stress et complètement déshydratée.
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"Une grosse erreur"
Poursuivie pour délaissement d'une personne incapable de se protéger et mise en danger d'autrui avec risque immédiat de mort ou d’infirmité, la prévenue s'exprime peu et semble dépassée par la situation. Elle reconnait avoir commis "une grosse erreur".
Maître Delatouche revient sur la vie de sa cliente et rappelle que six personnes doivent se relayer quotidiennement pour lui apporter un minimum de confort. Il insiste sur l'impossibilité pour la malade de téléphoner. L'avocat demande une expertise médicale car les impacts psychologiques sur la victime sont encore présents.
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Interdiction d'exercer pendant cinq ans
Le parquet reconnait une faute caractérisée et demande quatre mois de prison sous assistance électronique. Maitre Gonnet, pour la défense, se réfugie derrière la panique et le manque d'esprit cartésien de la mise en cause. Le tribunal va au-delà des demandes du procureur et prononce une peine de huit mois de prison avec sursis. Il est en outre interdit à la jeune femme d'exercer toute profession d'aide aux personnes pendant cinq ans.
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