Le 15 avril 2020, le conducteur d’un poids lourd avec remorque n’a pas marqué le stop à un croisement situé sur la commune du Buret (Mayenne). En quelques secondes, une voiture BMW n’a pas pu éviter l’obstacle et s’est encastrée dans le poids lourd. Le conducteur de 20 ans a été tué sur le coup et son passager grièvement blessé.
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Le compteur de la voiture bloqué à 140 km/h
Le mis en cause, ce jeudi 8 septembre 2022 au tribunal de Laval, est un chauffeur routier de 53 ans dont les patrons et les collègues ne diront que des éloges. Il n’avait consommé ni alcool ni stupéfiant et fait état d’un casier judiciaire parfaitement vierge. Il dit avoir regardé à droite et à gauche sans apercevoir le moindre véhicule et que ce n’est que lorsqu’il s’est engagé qu’un véhicule a surgi à vive allure du haut de la cote.
Tout va désormais reposer sur les rapports d’expertise. Il est reconnu à l’encontre du prévenu que son camion a franchi le stop à la vitesse de 4 km/h et qu’il recevait au même moment un appel téléphonique sur son "mains libres". En face, le compteur de la voiture accidentée est bloqué à la vitesse de 140 km/h sur une route limitée à 80 km/h.
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Il a freiné des deux pieds
Plus tard, le passager grièvement blessé apportera des précisions importantes à la décharge du routier. Il accompagnait son ami pour faire des essais de vitesse sur la BMW et la victime déclare que le conducteur ne regardait pas la route mais son compteur qui était monté jusqu’à 240 km/h. L’homme ajoutera dans ses déclarations : "J’ai crié camion et Adam a freiné des deux pieds… Adam est responsable."
Dans une atmosphère lourde, la partie civile et la mère de la victime rappellent que le jeune conducteur n’avait que 20 ans et reviennent sur les fautes du mis en cause. Le procureur déclare que dans "ce drame absolu, les infractions sont caractérisées". Il reconnaît aussi la faute de la victime, mais "elle n’est pas exclusive".
Six mois de prison avec sursis
Il revient au bâtonnier Cesbron de défendre le conducteur du poids lourd. Le plaideur le fait avec empathie, soulignant que pendant cette période de confinement, la victime n’avait pas le droit de sortir. Il revient sur le témoignage du passager favorable à son client et souligne diverses erreurs dans le rapport d’expertise.
Les magistrats du siège vont suivre les réquisitions du procureur et condamner le routier à six mois de prison avec sursis, une suspension de permis de six mois et une amende de 150 euros. La présidente renvoie l’affaire sur l’intérêt civil.
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