Le premier procès d’assises s’est ouvert, lundi 5 décembre 2022 au tribunal de Laval (Mayenne), sur une affaire d’homicide par violences ayant entrainé la mort.
Dans le box des accusés, un homme de 36 ans qui est poursuivi pour avoir donné la mort à l’enfant de sa compagne, alors âgé de 18 mois. Les faits se sont déroulés dans la soirée du 3 janvier 2019 à Laval. Les pompiers sont appelés pour un bébé en arrêt cardiaque.
Cinq versions différentes
Dans un premier temps, les policiers chargés de l’enquête vont décrire un homme qui peut être impulsif, manipulateur et infidèle. Le capitaine de police chargé des interrogatoires décrit un interlocuteur changeant cinq fois de version. Il insiste ensuite sur le "huis-clos" familial entre la femme au parcours de vie difficile, sous curatelle renforcée, et son compagnon qui s’est installé entre elle et son enfant de manière autoritaire.
Le beau-père interdit les biberons, les tétines et souhaite une éducation plus dure pour le bébé. Il demande à la maman de refuser l’intervention des services sociaux. Les voisins témoignent des nombreux pleurs du bébé, surtout depuis l’arrivée du concubin dans l’appartement.
Des ecchymoses, deux fractures, des saignements d'oreille
Rapidement, le principal questionnement tourne autour de la manière dont le bébé est mort. L’accusé dit l’avoir retrouvé dans son lit, une couverture et une peluche sur la tête. L’enfant, qui a une jambe plâtrée, est pris dans les bras par le beau-père après que ce dernier ait mis plusieurs minutes à lui dégager la jambe prise dans les barreaux du lit.
Le bébé s’est-il étouffé avec le plaid que le beau-père dit avoir retiré autour de son cou ? Le premier expert rejette cette hypothèse, expliquant qu’il faudrait neuf couches du tissu pour que l’air ne passe plus. Ensuite viennent les médecins légistes. Les experts ont bien relevé des ecchymoses, constaté deux fractures dont une plus ancienne et s’interrogent sur les saignements d’oreille de la petite victime. Ils concluent par une mort par suffocation, sans se prononcer sur la cause.
"L'air a été obstrué"
Différents témoins se succèdent à la barre : des voisins expliquent entendre le bébé pleurer, un ami de l’accusé évoque un curieux appel téléphonique de ce dernier, en panique devant l’état de l’enfant. Puis ce sont les services sociaux qui rappellent le changement d’attitude de la maman après l’arrivée de l’accusé dans l’appartement familial.
Le dernier témoin, médecin pédiatre, va dans un long rapport reprendre tous les éléments médicaux et confirmer que la mort est due à "un manque d’oxygène puis un arrêt cardiaque entrainant une mort subite. L’air a été obstrué".
Le Président veut aller plus loin : "Qu’est-ce qui fait que l’on manque d’air ?" Le médecin va écarter les hypothèses une à une, sauf celle de la possible intervention d’un tiers.
Les débats ont repris ce mardi 6 décembre 2022. Le verdict sera rendu demain.
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