Ce mardi 6 décembre 2022 à Laval (Mayenne), deuxième journée du procès de l’homme accusé de violences volontaires ayant entrainé la mort sur l’enfant de sa compagne.
La matinée est essentiellement consacrée à l’audition de la maman. La jeune femme, qui est sous curatelle renforcée, présente des lacunes intellectuelles : elle a du mal à s’exprimer, son vocabulaire est limité et surtout ses réponses sont souvent peu fiables car elle a des difficultés à se repérer dans le temps. Pourtant, les questions vont s’étendre pendant plus d’une heure dans le silence habituel des moments clés d’un procès.
L’accusé est un grand et fort jeune homme ; il se balance continuellement sur son banc et parfois, quand les évocations du passé le gênent, sa tête disparait des regards. Il n’échange pas avec son avocat.
Un homme sévère avec ses enfants
La jeune femme évoque l’emprise que le compagnon a eu sur elle, affirme qu’il est sévère avec les deux enfants qu’il a eu d’une première relation. Elle parle des crises de convulsion de la petite victime, mais ne reconnait pas la violence physique de l’accusé.
Les parties civiles sont appelées à la barre : grands-parents et sœurs de la maman sans que cela n’apporte d’éléments vraiment nouveaux. Mais cela permet aux avocats de fourbir leurs stratégies en attirant les jurés sur l’aspect sentimental du procès.
"Amenez moi des preuves"
Vers 15h, commence l’interrogatoire de l’accusé qui risque une longue peine de prison en cas de condamnation. Les questions du président et des trois avocats des parties civiles, mais surtout la voix tonnante de l’avocat général vont mettre à mal la défense du mis en cause.
Celui-ci se perd dans les contradictions entre ses diverses versions pendant sa garde à vue et pendant ce procès. Petit à petit émerge de ses propos une autre version : c’est peut-être sa compagne qui est coupable. Le parquet réagit : "Amenez-moi des preuves." L’homme répond qu’il a réfléchi et que puisqu’il est innocent, c’est que quelqu’un d’autre est coupable. Le ton monte et maitre Proust, pour la défense, laisse entendre que les policiers ont aidé son client à avouer qu’il avait secoué le bébé. S’ensuit une violente joute verbale entre le parquet et la défense, qui accuse l’avocat général de déformer ses propos.
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Verdict en fin de soirée
Les derniers intervenants sont les experts qui ont fait l’enquête de personnalité sur l’accusé et surtout l’expert psychologue qui rend un rapport ne semblant pas satisfaire le Bâtonnier Dirickx, qui attend avec impatience d’intervenir. Il est vrai que l’expert a décrit "un couple vivant dans la fusion, un couple bouée de sauvetage et un beau-père qui prenait en compte les besoins du petit garçon".
Ce mercredi 7 décembre 2022, les parties civiles, le parquet et enfin la défense essaieront d’emporter la décision du tribunal pour un verdict attendu en fin de soirée.
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