Après la prise de parole de l'accusé, ce jeudi 9 mars 2023 devant la cour d'assises de la Mayenne à Laval, l'après-midi a été consacré aux plaidoiries des avocats. A débuter par celle de maître Rouiller, celui des parties civiles.
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"Ce qui est arrivé est indescriptible"
"Je suis là pour exprimer l'immense, l'extraordinaire douleur de la famille", a-t-il débuté. "Nous étions bousillés en août 2020, et ça ne s'améliore pas, on n'y arrive pas. Ce qui est arrivé est indescriptible. [...] Comment cet homme, 100% responsable de ses actes, que l'on décrit comme pacifique et gentil, peut vouloir tuer ?"
"Vous n'avez pas dit la vérité et vous le savez"
Il s'est adressé à l'accusé : "Monsieur, vous trichez avec tout le monde. Vous n'avez pas dit la vérité et vous le savez. Rien que pour ça, vous n'aurez jamais leur pardon. [...] Les expertises, la reconstitution, ont permis de dire que seule [la victime] dit la vérité."
"Ce n'est pas le scénario d'un film"
"Ces deux jours ont été éprouvants pour tout le monde. Cette histoire n'est pas le scénario d'un film", a poursuivi l'avocate générale, soulignant que la dangerosité de l'accusée "n'est pas liée à des troubles psychiatriques, mais à sa personnalité, sa rigidité et son obsessionnalité". Elle a prononcé ses réquisitions : 25 ans de réclusion criminelle, un suivi socio-judiciaire de 10 ans (obligation de soins, interdiction de contact avec la victime et son ex-compagne...) et une peine de 5 ans en cas de non-respect.
Des "imprudences" et des "incohérences"
Pour maître Besnier, l'accusé, son client, "évolue, et a évolué". Selon elle, "il existe une seule question : y a-t-il eu préméditation ? Dans sa version, non". Elle note des "imprudences" et des "incohérences" dans le dossier.
"Non, vous n'êtes pas un monstre"
Soulignant la fragilité de son client, maître Besnier affirme qu'il "essaye d'expliquer sans pour autant comprendre comment il en est arrivé là. Il tente d'être sincère, et ne se reconnaît pas dans cette violence extrême".
Pour conclure, "quoiqu'on en dise, on ne peut pas le réduire à ce qu'il s'est passé. En une journée, tout a basculé. Non, vous n'êtes pas un monstre", déclare-t-elle à l'accusé. Ce dernier a été invité à s'exprimer une dernière fois avant que les jurés ne délibèrent. Il l'a fait en s'adressant aux parties civiles : "Du fond du cœur, je suis désolé."
Les jurés ont livré leur verdict peu après 21h. L'accusé a été condamné à 22 ans de réclusion criminelle, et un suivi socio-judiciaire de 10 ans qu'il devra respecter sous peine de 10 ans de prison supplémentaires.
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