21h10. Certains ont déjà rangé tablette et documents dans la mallette. Voilà plus de deux heures que le conseil communautaire du Bocage mayennais (CCBM) a commencé mercredi 6 mars et les innombrables chiffres du budget prévisionnel ont certainement donné quelque peu le tournis et l'envie de rentrer rapidement à la maison à plusieurs élus. « La séance est levée. » Les voilà libérés.
Changements d'habitude à venir
Petit soulagement pour chacun, après plusieurs semaines de travail sur cette fastidieuse échéance. Les conseillers communautaires ont validé un budget prévisionnel de 33,18 millions d'euros (M€). La CCBM compte notamment 19,7 M€ de budget général, avec 12,1 M€ de fonctionnement et 7,6 M€ d'investissement, 4,26 M€ dédiés à la propreté et 1 M€ à la santé. Parmi ces millions, une petite ligne est la promesse de quelques changements d'habitude pour les habitants du territoire. « Lancer une étude sur la redevance incitative. […] Le coût d'une étude de faisabilité (technique et financière) est d'environ 30 000 €. Après déduction des subventions, il resterait 6 000 € à la charge de la collectivité. »
« Ce sera une étude pour savoir quelles sont les différentes solutions financières et quelles seraient les conséquences sur les besoins en conteneurs, éclaircit Guy Ménard, président de la commission développement durable. Il y aurait logiquement moins de conteneurs ordures ménagères (OM) mais les besoins se reporteraient sur ceux des autres emballages. »
Quatre com'com converties en Mayenne
Comme le souligne le 1er vice-président, les com'com de Mayenne Communauté et du Pays de Château-Gontier ont mis en œuvre depuis plusieurs années ce système visant à responsabiliser la gestion des déchets de la population. Avec la redevance incitative, finis les conteneurs marron et points d'apport volontaire en libre accès (PAV). En 2024, Les Coëvrons et les Avaloirs ont suivi.
Les citoyens disposent d'un badge qui leur permet d'accéder aux PAV du territoire. Leur badge est lié à un forfait annuel basé sur un nombre de levées. Un surcoût s'ajoute à chaque levée supplémentaire. L'usager est donc incité à produire moins de déchets et surtout mieux trier.
« À l'échelon régional en 2019, la moyenne de la production d'ordures ménagères s'élève à 108 kg par habitant avec un financement incitatif, poursuit Guy Ménard. Celle de la CCBM est de 187 kg par habitant. Si l'on projette cette performance à la com'com, l'enjeu est de 1 476 t d'ordures ménagères en moins. Ce qui représente un coût de traitement de 113 652 €. »
Un travail en amont sur le tri
La CCBM prépare le terrain depuis plus d'un an avec notamment la mise en place du tri des biodéchets (alimentaires et verts). La collectivité distribue gratuitement des composteurs et mène un travail auprès d'associations pour accompagner ce tri. « On travaille aussi sur les erreurs de tri. Une tonne d'erreur, c'est 210 € de traitement. On fait donc de la communication et on va recruter un animateur de tri. »
Cet animateur pourra assurer des permanences aux PAV et faire du porte-à-porte dans les zones où des problèmes de tri sont constatés. « C'est une personne de terrain, de contact », précise l'élu. L'appel d'offres pour déterminer le cabinet qui se chargera de l'étude sera lancé d'ici la fin du premier semestre de l'année. Et la mise en œuvre de la redevance incitative est espérée pour 2025.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.