C'est un jeune homme originaire de Guinée, longiligne, moustache naissante, habillé d'une chemise et d'un jean, qui se présente à la barre, vendredi 17 mai au tribunal de Laval, à l'occasion d'une comparution immédiate. Il est accusé d'avoir usé, transporté et cédé de la drogue dans le quartier des Fourches de Laval entre octobre 2023 et avril 2024.
Mardi 14 mai, les policiers l'ont interpellé chez lui, lors de la grande opération menée par la police nationale après une enquête ayant duré plusieurs mois sur un trafic de drogue, place Pasteur, tout proche de l'école Charles Perrault.
Chez lui, les policiers retrouvent près de 5g de cannabis, dissimulés dans une cigarette électronique, 80 euros sous le lit et 20 euros supplémentaires.
Cité plusieurs fois dans l'enquête de police
Les charges ne s'arrêtent pas là car l'enquête a été minutieuse, en témoigne l'épais dossier qui trône à la droite du président du tribunal. L'accusé a été aperçu quatre fois dans le cadre des douze surveillances mises en place par les forces de l'ordre.
À l'occasion d'un contrôle, alors qu'il est assis sur un muret en mangeant des chips, il s'enfuit, laissant tomber une gourde… 80g de cannabis sont retrouvés à l'intérieur. "Je ne vends pas. Un dealer m'a déjà demandé de surveiller, mais je ne vends pas, se défend le jeune homme revenant sur l'ensemble des faits. Je ne voulais pas me faire contrôler seul car j'avais entendu des histoires. Je n'ai pas cherché à comprendre et je me suis enfui."
Toute la défense du jeune homme repose sur des "dépannages" dans lesquels il n'a jamais reçu d'argent, uniquement des "joints gratuits". Par ailleurs, sa consommation s'élève à quatre à cinq par jour. Pour autant, sur les vingt consommateurs interrogés par la police, plusieurs l'identifient formellement dans le trafic.
La procureure contre-attaque
Pas de quoi émouvoir la procureure de la République.
"Le dossier commence avec lui, le premier échange au cours de la surveillance, explique le parquet devant le président du tribunal. C'est un trafic qui emploie des jeunes, des mineurs. Les chiffres sont importants : pour certains dealers, jusqu'à 80 000 euros." La procureure propose une peine de seize mois d'emprisonnement, dont la moitié assortie d'un sursis probatoire avec une obligation de travail, de soins, ainsi qu'une amende de 8 000 euros. Elle propose également une interdiction de paraître à proximité de l'école Charles Perrault et du point de deal aux Fourches.
Par ailleurs, la procureure estime que l'état de récidive légale est caractérisé : le jeune homme a déjà été condamné à trois mois de prison avec sursis en février 2023 pour détention, acquisition et usage de produits illicites en octobre 2022.
Son avocat a, quant à lui, décrit longuement le quartier des Fourches qui "ressemble aux cités du 93", dans lequel la misère sociale est grande. "Il est très difficile de grandir parmi les gens qui ont les mêmes travers que vous, explique l'avocat. Ils ont grandi ensemble et se connaissent depuis tout petit. Pour la plupart, ils sont déracinés."
Le tribunal a finalement décidé de le condamner à huit mois de prison dont quatre avec sursis probatoire. Les quatre mois ferme se feront sous le format du bracelet électronique. Il est également soumis à une obligation de soins, de travail et de 70h de travaux d'intérêt généraux.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.