En octobre dernier, Pebeco a fermé ses portes et licencié les 83 personnes encore présentes à la fonderie. Cette société, dernier propriétaire de ce site industriel de sept hectares a été mise en liquidation judiciaire. « Tout est allé très vite », relate Thierry Rousseau, maire de la commune. « En quelques mois, sous la responsabilité d'un mandataire judiciaire, Me Guillaume Lemercier, toutes les machines, les outils, les fours ....ont été vendus, démantelés et expédiés. Le site a été dépouillé, vidé, saccagé ». La commune a acheté deux lots d'outils pour garder trace de cette richesse du patrimoine local dans un souci de mémoire de toutes ces générations de fondeurs qui ont travaillé ici. Et depuis, tout est resté à l'abandon, sauf la partie rachetée par le communauté de communes pour y créer un village d'artisans.
Qu'adviendra-t-il des locaux ? « Nous voulons préserver les bâtiments remarquables comme celui de la turbine, le bâtiment dit Eiffel …Le liquidateur cherche à mettre en vente ce dernier comme meuble et non comme immeuble car c'est un édifice assemblé et monté, donc démontable. Une recherche historique est en cours qui devra en définir la valeur. La commune peut se positionner pour acquérir cette construction mais son droit de préemption est limité aux moyens à mettre en œuvre pour faire face. Notre volonté d'élus est de pouvoir agir pour préserver ce qui est préservable, Mais aurons-nous les moyens de nos ambitions si nous ne sommes pas aidés par les pouvoirs publics ou par des mécènes ? » La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) a été contactée pour orienter la mairie dans les démarches de préservation.
Pour les élus, la plus grosse inquiétude du moment est le risque de pollution. « Un arrêté préfectoral a été notifié au liquidateur judiciaire pour la dépollution du site dans sa totalité : pyralène amiante....mais qu'en est-il de la dépollution réelle du sous-sol et des risques sanitaires encourus ? », souligne le maire. Pour les conseillers municipaux, l'environnement extérieur du domaine de l'usine pose aussi problème, l'entretien de la digue, de la chaussée de l'étang, les pompes qui ne fonctionnent plus, les fosses qui risquent de déborder et de se déverser dans le Vicoin, la prolifération des rats et de la vermine, les abords qui ne sont plus entretenus..., la liste est longue. Ils dénoncent également la non mise en sécurité totale du site. Un gardiennage de nuit est mis en place mais la vétusté de certains bâtiments, le manque de protection font encourir des risques d'accident.
Pour le maire, Thierry Rousseau, porte parole des élus et de la nouvelle association des fondeurs « Tout cela concerne il est vrai un domaine privé et nous avons peu de marge de manœuvre pour agir et sauver notre patrimoine industriel, sinon celle d'alerter l'opinion publique ».
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