Marie Josse, Changéenne puis Lavalloise, a choisi l'Espagne pour effectuer ses études. "Je fais des études pour devenir chirurgien-dentiste. J'ai choisi Valence car j'avais déjà de la famille là-bas et je connaissais bien la ville". Ces quelques banalités ont été mises de côté à la fin du mois d'octobre. Les 29 et 30 octobre, des inondations meurtrières ont touché la péninsule ibérique et principalement la province de Valence.
"Nous avons essayé d'aider à notre échelle"
"Le 29 octobre, il pleuvait toute la journée. Le soir, il y avait énormément de vent, les nuages étaient d'une couleur unique, entre le rouge et le noir, se rappelle la jeune mayennaise. Il y avait des éclairs toutes les deux minutes, je n'avais encore jamais vu ça".
Le lendemain, malgré une légère accalmie, l'alerte fut donnée en soirée. "Il y avait encore beaucoup de vent mais la pluie s'estompait dans le centre-ville de Valence. J'étais en cours la journée normalement avant de recevoir une alerte à 20h". Aucune panne de courant dans le centre-ville, où se situe le logement de Marie. "J'ai pu contacter mes proches pour les rassurer". En quelques heures, des pluies exceptionnelles, dépassant les 600 litres/m2, ont affecté de vastes zones du pays valencien, provoquant d'importantes inondations.
Cet événement météorologique a causé des dégâts matériels et humains d'une ampleur exceptionnelle avec plus de 210 morts, l'une des catastrophes les plus meurtrières liées aux inondations en Espagne au XXIe siècle. "Nous n'avons pas pu aller en cours pendant une semaine, la clinique dentaire universitaire a été fermée, nos patients étaient bloqués et nos professeurs dentistes avaient leurs cliniques sous l'eau, détaille Marie, qui poursuit : Nous avons essayé d'aider, à notre échelle, pour évacuer l'eau et la boue dans la clinique dentaire".
"Si l'alerte avait été donnée le matin..."
Le 15 novembre dernier, le président de la région de Valence Carlos Mazon a présenté ses excuses et a admis des erreurs. "Je pense qu'ils ont trop tardé. Si l'alerte avait été donnée le matin, le nombre de morts et de disparus n'aurait pas été aussi élevé, juge la future dentiste. Il faut une remise en question du gouvernement, apprendre de leurs erreurs et agir plus rapidement. Il faut aussi accepter l'aide des autres régions et des autres pays". Dans le centre de Valence, la vie a repris son cours. "Malheureusement, on sait qu'à 5 km d'ici, il y a encore des maisons remplies de boues et les gens cherchent encore les disparus".
Juste après la catastrophe, les parents de Marie ont fait le déplacement en Espagne. "Le dimanche, à j + 4 de la tragédie, nous avons aidé à Catarroja, se souvient Marie. Nous sommes entrés dans une maison, les gens avaient besoin d'aide. Ils venaient tout juste d'être libérés de chez eux car plusieurs voitures bloquaient l'entrée de leur maison. Nous étions les premières personnes qu'ils voyaient depuis quatre jours. Leur maison était remplie de boue jusqu'à 2m50 et personne ne les avait aidé jusqu'ici, aucun pompier ni policier. C'était un choc de voir ces gens complètement abandonnés par les institutions". Marie devrait boucler ses études dans un an et demi.
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