Bernard Munoz a marqué l'histoire de la commune par son investissement comme professeur puis directeur de l'école de Bais, un bâtiment datant de 1905 installé route de Trans que les Baldicéens connaissent sous le nom de Centre culturel Raoul Couzin. Son histoire avec Bais commence l'année 1966, alors qu'il est envoyé "boucher les trous" à Bais avec une classe de CP-CE1. Son épouse Annie le suit.
"La population veut que vous restiez à Bais, la municipalité aussi"
"Un soir, au cours de l'année, on voit arriver à la porte de notre logement de fonction Pierre Duval, directeur de l'école des garçons, Alice Rondi, directrice de l'école des filles, et Albert Chauveau, le maire, raconte l'ancien directeur du groupe scolaire. Monsieur Chauveau nous demande ce que nous avons l'intention de faire à la prochaine rentrée." Le maire n'y va pas par quatre chemins. "Nous venons vous dire que la population veut que vous restiez à Bais et nous aussi." Un petit tour à l'inspection académique et un mot du maire permirent à Bernard de s'installer définitivement avec son épouse dans le logement de fonction, rafraîchi par la municipalité.
Tout n'a pas été simple dans sa carrière
Quelques années plus tard, l'école de garçons et l'école de filles fusionnent. En 1978, Bernard Munoz est appelé pour prendre la direction de l'école, "ce qui ne me tentait guère", se remémore-t-il. Cependant, les bâtiments datant de 1905 vieillissent. Les relations se tendent avec la mairie. Rentrée de septembre 1989, des parents manifestent devant l'école, pétition en main. "Cela fit grand bruit dans notre commune, explique Bernard Munoz. Et au-delà, car les médias ont repris l'affaire."
En 1992, l'heure est au changement. Cette année-là, une délégation de parents d'élèves assiste au conseil municipal, dont le sujet est le choix des travaux pour l'école. Des locaux neufs sont envisagés pour l'école, étant donné que les délais ne permettent pas d'assurer les travaux. "Nous allons faire en sorte qu'une commission extra-municipale soit mise en place : y ont siégé des élus de la municipalité, des représentants de parents, ainsi que les enseignants. Cette commission va fonctionner avec efficacité. Et, tout au long de la construction, les enseignants vont demander à gérer un certain nombre de choses, dont les revêtements : tapisseries, carrelages, ainsi que le renouvellement d'une partie du mobilier. La consigne du maire étant : "Moi, du moment que vous restez dans l'enveloppe budgétaire...""
"Cette école, je l'aime déjà parce que je sens qu'elle a envie de me prendre dans ses bras"
À la Toussaint, l'heure du déménagement de l'école sonne, "avec le personnel municipal. Tous les enseignants sur le pont. J'ai le souvenir d'être rentré chez moi certains soirs complètement vanné... mais heureux du travail réalisé". Et les nouveaux locaux ravissent, de l'inspecteur académique heureux de trouver "une école accueillante, avec des maîtres et des élèves radieux", à la petite élève.
Vendredi 31 janvier, le nouveau nom de l'école a été inauguré en présence de l'ancien directeur. À cette occasion, Bernard Munoz a raconté une histoire. "Il était une fois... Ce devait être peu de temps après la rentrée de novembre 1994. J'aperçois une fillette, plantée au milieu de la cour côté école primaire. Afin de ne pas l'effaroucher, je m'approche doucement... je me penche, et je lui glisse à l'oreille : "Dis-moi, à quoi tu penses ?" Un temps. Et puis elle murmure : "À rien..." Je laisse passer quelques instants, et je poursuis : "Vraiment ? Tu ne penses à rien ?" Nouveau silence. Que je romps doucement en ajoutant : "Entre nous... ça restera un secret..." Long silence à nouveau. Puis joignant lentement le geste à la parole, elle dit tout bas : "Cette école, je l'aime déjà... parce que je sens qu'elle a envie de me prendre dans ses bras !""
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