Le métier d'herboriste a disparu depuis 1941, sous Pétain. Or il vient de renaître en 2023 grâce à un ancien sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé, qui a porté de nombreux combats écologistes, dont celui de rendre de nouveau reconnu le métier d'herboriste. Cyril Varone, des Plantes des Alpes-Mancelles, fait donc partie des tout premiers diplômés de cette nouvelle génération d'herboristes. "On peut même voir sur mon diplôme que je suis la troisième personne à l'avoir obtenu ! s'amuse-t-il. Ce diplôme n'existait plus, les derniers diplômés l'ont été en 1941, donc bien évidemment ils ont disparu aujourd'hui."
"C'est un métier difficile, qui demande du temps"
Le paysan herboriste est au carrefour du bien-être, de la cosmétique, du soin et de l'alimentaire. Il reconnaît et s'appuie sur les différentes fonctions des plantes, tout en jonglant avec les différentes réglementations selon les usages. "Un herboriste serait une personne habilitée à vendre des plantes derrière un comptoir. Nous, paysans herboristes, on part des semences jusqu'à la transformation finale. Avoir ce diplôme, c'est une vraie reconnaissance car c'est un métier difficile, qui demande du temps. Nous n'avons pas de saison morte. Même en hiver, comme maintenant, nous sommes dans la récolte de la sève de bouleau permettant de drainer les reins et de se reminéraliser. Et puis c'est un métier passionnant, une formation permanente, permettant de faire perdurer un savoir ancestral", se réjouit Cyril.
Comprendre l'action des plantes sur la santé
Pour son diplôme, Cyril a dû déposer un dossier VAE (validation des acquis de l'expérience) de 168 pages et passer une soutenance. "Mon dossier était tellement complet que le jury ne savait pas trop quoi me poser comme questions. Je m'étais appuyé sur mes expériences d'études passées puisque j'avais déjà suivi la filière Plantes à parfum, aromatiques et médicinales dans une école agricole à Angers et que je suis aussi allée à la faculté de pharmacie Paris-Descartes. Mon dossier était donc composé de cinq parties, une sur cueillir les plantes, la quantité prélevée, les accords avec les propriétaires agraires pour les cueillettes..."
Il lui a ensuite fallu choisir une plante, voir en quoi elle rentre dans des compositions, son action sur la santé... La deuxième partie était sur la culture. Il fallait choisir une plante vivace et une annuelle et faire une transformation avec chacune d'entre elles dont une tisane obligatoire, "puisque le cœur du métier d'herboriste est de travailler avec les plantes sèches. La troisième partie était sur la transformation, j'ai pu m'appuyer sur les cours que je donne à La Sorbonne, en pharmacie, en prenant l'exemple de la transformation de la mauve. Enfin, les deux autres parties étaient sur la commercialisation et la conception et le pilotage d'une entreprise", ajoute le cogérant des Plantes des Alpes-Mancelles.
Les produits des Plantes des Alpes-Mancelles se trouvent dans différentes Biocoop, en vente directe et dans plusieurs boutiques du secteur.
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