Le conseil municipal de Laval a commencé avec quelques minutes de retard ce lundi 9 mai. La municipalité a en effet autorisé les opposants à la fermeture du collège Fernand-Puech à prendre la parole. "Une ville ne doit-elle pas proposer aux usagers une offre équitable entre les services d'enseignement public et privé ? N'est-ce pas une obligation républicaine ?"
Une intervention qui en a amené d'autres au sein du conseil municipal. Jean-Christophe Boyer, chef de file de l'opposition de gauche a dénoncé "la brutalité de cette décision". Aurélien Guillot, du Parti communiste a énoncé "un vrai problème démocratique dans notre pays" et a appelé le conseil municipal "à se positionner contre cette fermeture". Pour l'opposition d'extrême-droite, Jean-Christophe Gruau a déploré "la manière dont le personnel a appris la nouvelle" mais a rappelé que "la mairie n'y était pour rien" et que le personnel éducatif "n'était pas condamné à hanter les couloirs de Fernand-Puech", car il sera reclassé.
La prise de parole s'est également faite du côte de la majorité. Notamment Philippe Habault, adjoint aux finances. "Je comprends les inquiétudes légitimes. Ce n'est jamais facile de faire face à une fermeture d'établissement scolaire. Rien n'est plus important à nos yeux que l'éducation de nos enfants, elle ne doit pas être l'enjeu d'un débat politicien. Je veux mettre fin à la querelle politicienne du complot immobilier : jamais en aucune façon, il y a eu des contacts pour vendre les bâtiments de Fernand-Puech."
Pour la première adjointe Samia Soultani-Vigneron, "il faut prendre le temps de la concertation". Elle rappelle la fermeture de l'école Val-de-Bootz, décidée sous la précédente majorité. Tout comme Béatrice Mottier, adjointe à l'attractivité, mais également conseillère départementale du canton de Laval 2, dont dépend le collège. "Nous avons des excuses à présenter aux parents, aux professeurs, au corps professionnel qui encadre les enfants sur la méthode et la forme qui n'a pas été là. Je comprend la colère face à l'aspect subi de cette décision." Pour le maire François Zocchetto, "tout ce qui tourne autour des questions d'éducation est la préoccupation numéro 1 de l'action municipale". Il a indiqué avoir trois préoccupations : la réussite d'une consultation élargie ; que le Conseil départemental réaffirme son soutien aux collèges publics lavallois, avec les mêmes crédits qu'il y ait cinq ou six collèges ; l'accompagnement personnalisé des familles.
Une heure auparavant , près de 200 personnes s'étaient réunies sur le parvis de l'hôtel de Ville. Une délégation a été reçu pendant ce temps-là par François Zocchetto.
En début de soirée, le préfet de la Mayenne a indiqué "qu’aucune décision programmée par les autorités académiques de fermeture n’a été prise, en témoigne la prévision d’ouverture d’une troisième classe de sixième à la rentrée 2016. Pour autant, le Président du Conseil Départemental est dans l’exercice de ses compétences, en s’interrogeant sur le devenir du bâtiment, compte tenu de difficultés de fonctionnement et d’accessibilité, et aussi des places disponibles dans les collèges desservant l’agglomération de Laval". Il a expliqué "qu’il lui reviendra, en liaison avec les autorités académiques, de statuer en dernier ressort sur la proposition du Président du Conseil Départemental, en vertu de l’article L421.1 du Code de l’éducation nationale. Cette décision interviendra après avis du conseil départemental et de l’éducation nationale".
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