l Céréales : ras le bol ?
Une inquiétude persiste : l'attrait pour les céréales. Si aujourd'hui, sur le million d'euros venant de l'agriculture en Mayenne, 80% correspond à l'élevage, « certains agriculteurs, souvent jeunes, mettent un terme à cette activité au profit de la production de céréales », prévient le président Arthuis. « Il faut les comprendre : c'est plus facile, moins contraignant et ça rapporte beaucoup plus », précise Claude Charon, président de la chambre d'agriculture. « Sauf que si tout le monde s'y met, l'élevage mayennais sera remis en cause. Je vous laisse imaginer ce que deviendraient des villes comme Evron, Laval, Chailland, Lassay-les-Châteaux, Château-Gontier ou Javron-les-Chapelles, si leurs abattoirs venaient à licencier en masse, ou pire encore : à fermer », s'inquiète Jean Arthuis qui insiste alors sur « l'urgence et la nécessité de faire quelque chose vis-à- vis des charges sociales et du coût de la main d'œuvre agricole, qui pèsent trop lourd » . « Le métier d'agriculteur est plein de contraintes et d'astreintes. C'est 365 jours par an et une présence casi-permanente sur son exploitation. Il faut accompagner ces hommes et ces femmes, de façon à ce qu'ils aient le droit à une vie sociale eux aussi », précise Claude Charon.
l Bocage : la haie à l'honneur
En 15 ans, la Mayenne a perdu 13 000 km de haies bocagères. Cela correspond à 400 km qui disparaissent chaque année, pour seulement 45 km replantés. « Entretenir une haie, cela peut être vue comme une contrainte par un agriculteur », expliquent les deux présidents. « Le potentiel de ces haies n'est pas à négliger : elles représentent 31 000 km de bois, seule source d'énergie propre et renouvelable, qu'il faut valoriser. » Entretenir le bocage Mayennais, c'est dire adieu au fioul et au gaz, et bonjour aux inserts et cheminées. La Mayenne voudrait limiter la perte de haies à 100 km annuel.
l Mieux informer
« Nous souhaitons aider ceux qui osent entreprendre en Mayenne. Nous ne les laisserons pas en pâture à la vindicte populaire », a expliqué Jean Arthuis, exaspéré par les montées aux créneau de certains groupes. « Aujourd'hui, quelqu'un qui veut créer de l'emploi en campagne est immédiatement taxé de pollueur. Nous proposons alors de mieux informer riverains et exploitants à chaque fois qu'un projet est à l'étude. Objectif : lutter contre la rumeur et la peur infondée », ajoute-t-il. « Nous sommes les uns et les autres extrêmement respectueux de l'environnement et sommes prêts à lever toute ambiguïté », ont conclu les deux hommes.
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