Toujours au dernier moment... Les services municipaux y sont accoutumés. L'électeur procrastine et attend l'ultime semaine pour se présenter au guichet de la mairie et régulariser son inscription sur les listes électorales. En six jours, entre le 26 et le 31 décembre, près de 33 % des nouveaux inscrits de l'année se sont succédé rue de Verdun, soit 197 personnes. Au total, sur l'année 2011, 617 nouvelles inscriptions ont été enregistrées, auxquelles il faut ajouter les 154 inscriptions d'office des jeunes qui atteignent leur majorité. Plus de la moitié, soit 358 mayennais, se sont présentés dans le courant du mois de décembre. Quelque 771 nouveaux électeurs mayennais se rendront donc aux urnes au printemps prochain pour élire le président de la République. Ces derniers sont plutôt jeunes, observent les employés municipaux. Leur âge varie entre 25 et 40 ans.
Les statistiques font largement parler d'elles à l'échelle nationales : 2011 ne sera pas marquée par un engouement d'une ampleur semblable à celle de 2006, veille du précédent scrutin présidentiel. Et Mayenne s'inscrit bien dans cette tendance. Les services municipaux avaient comptabilisé 737 nouveaux inscrits au 1er janvier 2007. En comptant les jeunes majeurs, ils étaient plus de 901 nouveaux électeurs. Certes, la démographie à Mayenne est en baisse depuis dix ans. Elle ne suffit pas à expliquer que la mobilisation de 2011 ne dépasse pas celle de 2006. D'autant que la mairie constate, pour la première fois depuis dix ans, une reprise légère en 2011 (+ 50 habitants environ).
Pour l'opposition, la baisse d'inscriptions est en partie imputable à la majorité présidentielle, qui n'a pas déployé des moyens comparables à ceux de 2006 (tracts, spots télévisés) pour attirer les nouveaux inscrits. Le maire, Michel Angot, partage cet avis et constate simplement que la campagne d'information est moins bien orchestrée. Pourquoi ? « Sans doute car ceux qui ont le plus besoin d'être informés sont les moins favorisés ou les plus marginaux, plus enclins à voter à gauche. Mais doit-on organiser des élections que pour les gagner ! », s'indigne le maire.
Certes, les statistiques sont moins bonnes qu'en 2006. Mais les démocrates les plus convaincus pourront se consoler : la présidentielle reste un scrutin mobilisateur, y compris à Mayenne, comparé à d'autres rendez-vous électoraux. Le réveil des électeurs potentiels est de toute évidence lié à l'échéance électorale de l'année. Avant le taux d'abstention, il est un des premiers signes de l'intérêt que les Français portent, ou non, à la chose publique.
A titre d'exemple, au 1er janvier 2008, année d'élections municipales, la ville avait enregistré 303 nouveaux inscrits. Près de 45 % de moins qu'une année de présidentielle ! Et encore, les municipales restent aussi un scrutin qui attire. En revanche, les régionales et les européennes ne sont pas la priorité des Mayennais. Pour les premières, en 2010, seuls 200 nouveaux inscrits s'étaient présentés à la mairie. Et leur nombre était encore moins important une année d'élections européennes comme 2009 : 139 nouveaux incrits seulement.
Armel de Sansal
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