Leur entreprise, ils y tiennent. Installés devant la sortie du parking des deux roues avec drapeaux aux couleurs rouge et jaune de la CGT, lundi, mardi et mercredi de la semaine dernière, à partir de 17h45, les employés grévistes de l'entreprise Rapido sont même fiers de fabriquer « un beau produit, de qualité », dixit Jorge D'Almeida Coelho, délégué syndical CGT. Et du travail, il y en a.
Le problème, ce sont les conditions de travail. Sous contrat 35h, les employés sont passés depuis février et l'augmentation du besoin de production, à 43h par semaine, soit 8h40 par jour. Dans ce cas, les huit heures supplémentaires sont payées en conséquence. Mais la semaine dernière, la direction a demandé aux salariés de turbiner 10 heures par jour lundi, mardi et mercredi. Jeudi et vendredi étant non travaillés (jours de RTT), le total sur la semaine ne dépassera pas 35h. Donc ces heures supplémentaires compteront seulement comme des heures normales. Et ça, ça ne passe pas car ce n'est pas la première fois. « Je suis pour faire des heures, mais quand ça se voit sur la feuille de paie », lance cet employé, qui perçoit 1 400 € par mois à 43h par semaine. « On va avoir six semaines en mai-juin avec des semaines incomplètes. Avec ce débrayage, on veut alerter la direction sur le fait que cette situation n'est pas acceptable, explique Jorge D'Almeida Coelho. D'autant plus que la direction s'était engagée à ne pas augmenter les heures sur les semaines incomplètes lors du comité d'entreprise du 8 septembre. »
Une organisation insuffisante
Et l'argument de la direction pour justifier cette décision, la productivité des ateliers très insuffisante, reste aussi en travers de la gorge. Ces heures supplémentaires ne seraient au contraire pas nécessaires « si la tâche était plus organisée, mieux distribuée ». Autre facteur handicapant la productivité selon les employés : le turn over assez important d'intérimaires. Il seraient environ 177 actuellement pour 368 CDI. « Il y a une grosse pression de mise », assure Dominique Churin, syndicaliste CGT qui dénonce également la non titularisation des gens, après 18 mois de contrat alors qu'il y a du travail.
Interrogée, la direction de l'entreprise n'a pas souhaité réagir.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.