« On a un compte à régler. Je ne vais pas te lâcher. » C’est ce type de menaces que l’homme de 44 ans qui comparaissait, ce jeudi 6 juillet devant le tribunal correctionnel de Laval, est accusé d’avoir proféré à plusieurs reprises à un fonctionnaire de police à Laval, entre le 29 octobre et le 10 novembre 2016.
Tout commence lors d’une patrouille menée par le policier en question et un de ses collègues. Les deux agents remarquent que le prévenu conduit en étant équipé d’oreillettes. Contrôlé, l’homme est incapable de présenter son permis de conduire. De plus, l’une de ses plaques d’immatriculation est illisible. Lorsque les agents annoncent qu’ils vont le verbaliser, l’individu se met en colère, et se montre menaçant.
Par la suite, le prévenu se montrera plusieurs fois au commissariat de Laval, d’abord pour déposer une main-courante à l’encontre de la victime, puis pour le menacer directement, personnellement, allant jusqu’à tourner autour de son véhicule personnel afin d’en relever l’immatriculation.
Un harcèlement qui perturbe profondément le policier : « Cela cause des disputes avec son épouse, souligne l’avocate de ce dernier. Ses collègues ne le reconnaissent plus, il a même changé le lieu où il va faire ses courses en famille, de peur de tomber sur lui. »
« Suivi par des drones »
Pour le ministère public, l’infraction ne se situe pas dans le fait de contester la verbalisation : « Chaque citoyen a le droit de contester l’action de la justice. Ce qui vous est reproché, c’est d’avoir, à un moment donné, personnalisé cette contestation. Porté atteinte à l’homme, et non plus au fonctionnaire de police. C’est là que la situation devient inacceptable ».
Pour la défense, si le prévenu a agi de la sorte, c’est parce qu’il avait lui-même l’impression d’être harcelé par la police depuis longtemps. « Ma compagne a été mise en cause dans une affaire de stupéfiant. Depuis, dès que je sors de chez moi, pour aller travailler par exemple, je croise des voitures de police ». Le prévenu est également persuadé de faire l’objet d’une filature particulièrement étroite : « Un drone m’a poursuivi jusqu’à Brest, où je me rendais pour mon travail ».
« Le prévenu a probablement sur interprété un contexte particulier », analyse le procureur. En effet, si la compagne du prévenu a bel et bien fait l’objet d’une surveillance policière, le procureur tient à rappeler que le commissariat de Laval n’a bien sûr pas les moyens de mettre en place une surveillance aérienne telle que celle décrite par le prévenu.
Ce dernier a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 500 euros de dommages et intérêts au titre de préjudice moral.
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