C'est un jeune homme de 25 ans, barbe de trois jours, jean et blouson en simili-cuir qui comparaît devant le tribunal correctionnel de Laval ce vendredi 8 septembre. Un jeune homme ordinaire qui a « une passion » jugée particulière : « J'aime bien porter des vêtements de fille. » C'est cette passion qui l'a conduit devant le tribunal : plusieurs femmes, qui ont croisé son chemin, ont porté plainte contre lui, estimant être victimes de violences psychologiques.
Les faits jugés ont eu lieu à Changé, Château-Gontier et Vitré (Ille-et-Vilaine). « Vous vous êtes fait voir à des jeunes femmes, soit dans une totale passivité, soit en les approchant », résume le président du tribunal Bruno Thouzellier. Comme ce 27 septembre 2016 à Changé : deux joggeuses ont fait la rencontre du prévenu.
« Détachez-moi ! Détachez-moi ! »
Il est assis sur un banc, vêtu d'une robe, chaussé de talons, une longue perruque noire sur la tête, un tissu noir faisant office de bâillon, les pieds liés. « Détachez-moi ! Détachez-moi ! », implore-t-il. Les deux coureuses prennent peur, craignent d'être attaquées. « J'ai peur de retourner faire mon jogging seule », explique l'une d'elle aux forces de l'ordre.
Boulevard de Laval, à Vitré, en juillet 2017, le prévenu s'est dissimulé dans un fourré et en est sorti lorsque deux femmes sont passées. Là encore, il est travesti. Cette fois, ce sont ses mains qui sont liées. Sous le regard des passantes, il fait des aller-retours sur le trottoir, leur montre ses mains, puis se dirige vers elles. Apeurées, elles montent dans leur voiture. Il se détache alors les mains et retire sa perruque.
« Les gens ne sont pas assez ouverts »
Le jeune homme a subi une expertise psychiatrique qui montre une tendance au travestissement et au fétichisme. Pourquoi se travestit-il ? « J'ai envie de dire pourquoi pas, répond-il. Les gens ne sont pas assez ouverts. »
« Etre déguisé en femme n'est pas une infraction, conçoit la représentante du Parquet. C'est l'ensemble du contexte qui est jugé, il doit arrêter de faire peur aux gens. Il ne semble pas prendre conscience des faits. Il y a quand même un trouble à l'ordre public. » Elle requiert trois mois d'emprisonnement avec sursis, avec deux ans de mise à l'épreuve et une obligation de soins. Des réquisitions que suivra le tribunal.
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