Des seaux entiers de céramiques et autres enduits peints. Le site départemental de la domus à Jublains continue de livrer ses trésors, pour la quatrième année consécutive. Anne Bocquet, l'archéologue en charge des fouilles programmées, appelle Erwan Madigand, sorti du dépôt départemental de fouilles pour donner un coup de main sur le chantier. « Voilà sans doute un pied... de lampe ou on ne sait pas encore de quoi. Mais le propriétaire a gravé quelque chose, peut-être pour dire que ça lui appartenait. On ne sait pas », souligne l'archéologue, visiblement émue, en caressant l'inscription du pouce. Manon, bénévole pour la deuxième année, a aussi mis à jour un tripode. Ce matériel pour cuire les aliments était « trop beau ». La jeune étudiante en sourit encore jusqu'aux oreilles. « En plus, il était archéologiquement complet. »
Vendredi, le chantier a rangé ses truelles. « Les années se suivent et ne se ressemblent pas en terme de découverte », commence Anne Bocquet. Difficile de faire aussi bien que la découverte de cette riche demeure. L'archéologue poursuit : « Maintenant, nous répondons à des interrogations plus fines sur la chronologie, l'aménagement. On aimerait faire plus mais nous avons déjà bien avancé. »
La fouille d'une aile d'habitation a, par exemple, démontré que deux pièces étaient chauffées par le sol. Dans l'une d'elles, les enduits peints comportaient aussi probablement des représentations figuratives. Encore des témoignages de la richesse des occupants de la domus.
Autre objectif de l'année, une tranchée d'évaluation a été réalisée du mur terrasse vers la partie orientale, plus basse. « Nous allons peut-être saisir là les origines de la ville en enlevant toutes les couches jusqu'au niveau naturel », explique Anne Bocquet. Le site a très probablement connu une occupation antérieure au 3e siècle après Jésus Christ. De la céramique d'époque gauloise a au moins été retrouvée.
Il demeure encore beaucoup de questions. Tout le matériel exhumé, minutieusement lavé, va ensuite être étudié. « La fouille produit effectivement beaucoup de données qu'il va falloir interpréter, souligne Anne Bocquet. Il va y avoir quatre à cinq mois de travail derrière. De quoi laisser une trace de l'histoire alors que la fouille est destructrice. »
Les pièces collectées et peut-être réassemblées partiront au dépôt de fouilles. Avec la proximité du musée départemental, les plus belles auront sans doute la chance d'être exposées.
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