Une belle frayeur pour ce migrant. Le 25 juin dernier, vers 23h, à Ernée, un Soudanais dort tranquillement dans sa chambre. Deux hommes, dont l'un torse nu, entrent en cassant la porte. Particulièrement imbibé, l'homme torse nu lui donne trois coups de poing, et profère des menaces de mort. Deux autres migrants seront aussi frappés.
L'agresseur terminera, en présence des gendarmes, avec ces termes : « venez vous battre migrants de merde. Vous n'avez rien à foutre chez nous, rentrez chez vous. Si vous touchez à ma famille, je vous tue ».
Le 2 novembre, l'agresseur est devant le tribunal correctionnel de Laval. Très grand, athlétique, cheveux courts, présentant bien, la parole faible, cet homme de 31 ans, domicilié à Ernée, tente de s'expliquer.
Ce jour-là, il fête le baptême de son enfant. Il boit beaucoup. Avec son demi-frère, il part en vélo voir un copain. Sur le chemin du retour, rue de Bretagne, ils passent devant les appartements de Mayenne Habitat, occupés par des migrants. Au bas de l'immeuble, un attroupement. Le demi-frère dit recevoir des projectiles à la cuisse et est insulté de « sale français ».
L'alcool, révélateur d'une haine
Les deux frères partent à la poursuite de leurs "agresseurs". L'Ernéen retire son tee-shirt, entre de l'immeuble, tambourine à toutes les portes. Il entre dans un premier appartement, et frappe le premier migrant à sa portée. Aujourd'hui, il regrette : « Ce n'est pas justifiable. Je n'ai rien contre les migrants. Ce n'est pas mon quotidien. Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait. J'y pense tous les jours ».
Pour le procureur de la République, Guirec le Bras, cette histoire n'est pas celle d'une vengeance. Pour lui, l'alcool a été un révélateur, celui d' « une haine certaine, réitérée. C'est intolérable. Ce n'est pas un baptême qui a dérapé. C'est l'expression de la haine ». Il demande huit mois de prison avec sursis.
L'avocat du trentenaire ernéen, maître Dirickx, reconnaît « des faits intolérables ». Mais, ne croit pas à la thèse de l'agression raciste. «A entendre les débats, on l'impression d'une expédition punitive, on va casser de l'étranger. Ce n'est pas ce qui ressort du dossier. Il n'a jamais eu de propos contre les migrants ». Il indique aussi : « Le frère a bien un hématome à la cuisse gauche, et les gendarmes remarquent que chaque soir les migrants sont dehors, devant l'immeuble ».
L'agresseur, n'ayant aucune mention à son casier avant cette histoire, écopera de cinq mois de prison avec sursis.
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