Il est resté calme. Le préfet est pourtant énervé. « Les services de l’Etat sont injustement mis en cause dans cet article », lance Frédéric Veaux. Mercredi 3 janvier, le Canard enchaîné publie un article intitulé : “Lait infantile : les contrôleurs étaient aveugles”. On y apprend que Lactalis aurait repéré des salmonelles dans son usine de Craon, depuis août.
Lors d’un contrôle interne, elles auraient été présentes sur du matériel de nettoyage et sur les carrelages. La loi n’obligeant pas l’industriel à communiquer sur ses auto-contrôles, la production aurait continué. Dans un communiqué, le groupe Lactalis indique : « toutes les analyses faites en application des normes officielles jusqu’au rappel des produits ont confirmé une absence de salmonelle dans les produits.
Les deux seules analyses positives l’une en août et l’autre en novembre de traces de salmonelle ont été révélées uniquement dans l’environnement et non dans les produits. Cela a donné lieu comme il se doit à l’application d’un programme de nettoyage adapté et à des contrôles renforcés sur les lots fabriqués à ces dates, contrôles qui se sont tous révélés négatifs. Toutes ces analyses ont été transmises aux autorités compétentes dès le début ».
Polémique inutile
En septembre, les services de l’Etat, via la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), interviennent pour un contrôle habituel. L’hebdomadaire s’étonne que les services n’aient rien trouvé. « Les contrôles ne concernaient pas les tours de séchage contaminées. Les agents ont inspecté les locaux de conditionnement, l’atelier céréales, etc. Ils ont trouvé six non-conformités mineures. Surtout, dans ce genre de contrôle, aucun prélèvement n’est réalisé », assure le préfet. Les services ne pouvaient donc pas être au courant de la contamination.
Toujours dans cet article, le préfet indique : « il y a des informations factuelles erronnées. La répression des fraudes s’est déplacée à Craon le 7 décembre et non le 2, comme écrit dans cet article. Le rapport des inspecteurs vétérinaires a été transféré dès le 4 décembre. Il s’agit d’une polémique inutile. »
Quant à l’arrêté du préfet du 9 décembre, il est suivi par l’industriel. « Lactalis a commencé à rappeler ses produits le 7 décembre. Pour le moment, plus rien ne sort de ses deux tours de séchage. Et j’ai fixé les conditions de la reprise de l’activité », assure Frédéric Veaux. Le groupe Lactalis confirme l’arrêt « de toutes les activités de production de lait et produits infantiles de l’usine de Craon depuis le 8 décembre ».
Lactalis a d’ailleurs fait une demande à l’Etat pour une période de chômage technique. « Je l’étudie actuellement ». Ces mesures ne concernent pas la totalité de 350 salariés du site.
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