Philomena raconte à sa fille que, dans les années 50, elle a accouché d’un garçon, alors qu’elle était encore adolescente. Placé dans une institution religieuse, ce fils lui a été définitivement arraché, à l’âge de trois ans, et confié à un couple d’Américains. Depuis, elle n’a cessé de le rechercher. Lorsque sa fille rencontre Martin Sixsmith, un journaliste, elle lui demande d’aider sa mère à retrouver son enfant.
Dans cette adaptation du livre de Martin Sixsmith, qui retrace cette quête authentique, Stephen Frears s’est surtout intéressé aux relations entre Philomena, une femme du peuple amatrice de romans à l’eau de rose, et Martin Sixsmith, un journaliste qui a fait ses études à Oxbridge. Le second regardant avec un certain dédain la première.
Ce sont leurs échanges, d’une drôlerie irrésistible, qui font tout le sel de cette histoire, par ailleurs tragique. Et c’est tout l’art d’un cinéaste brillant, qui passe, sans transition, du rire aux larmes dans une œuvre magistrale, portée par deux comédiens exceptionnels. Si le thème du film fait un peu penser à The Magdalene Sisters, de Peter Mullan, on en est loin, tant il évite, avec finesse, toute charge contre l’institution religieuse.
C’est, en effet, une religieuse, confite dans sa haine et sa frustration, qui est à l’origine de ce drame. Mais le cinéaste ne s’y attarde guère, préférant montrer la foi inébranlable de l’héroïne et, surtout, sa capacité absolument magnifique à pardonner. Un comportement rare qui fait finalement l’admiration de celui qui l’avait regardée de si haut...
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