Eiffage a implanté sa base de construction de la LGV à Saint-Berthevin. Une partie du site sert maintenant à l’entretien du tronçon entre Laval et Rennes. Mais 24 hectares du site ne sont plus utiles pour les opérations de maintenance. Cette surface vient d’être acquise par Laval Agglo. Le projet est d’y implanter une base rail-route.
« Nous avons formé un groupe de travail avec la Fédération nationale des transports routiers, la CCI et le Medef afin d’étudier les modèles économiques de ce type d’équipement, explique Yannick Borde, vice-président de Laval Agglo chargé des affaires économiques. Nous avons le soutien de la Région car il n’existe pas de tel équipement en Pays-de-la-Loire. Nous souhaitons donc être les pionniers du transport combiné rail-route dans la région. C’est un système qui va en direction du développement durable et qui est innovant ». Au vu de la législation qui encadre la conduite des chauffeurs routiers, la combinaison rail-route permettrait de faire de Laval un point stratégique entre les ports de l’arc ouest, depuis la Bretagne jusqu’à la Rochelle, et Paris.
Un opérateur intéressé
Laval Agglo est devenu propriétaire du site pour près de 600 000 euros. Outre le prix du terrain, l’Agglo devra réinstaller des rails sur sa base. Eiffage les a enlevés car il s’agissait de vieux rails réformés, récupérés pour les besoins du chantier. Il faudra aussi installer des aiguillages, ce qui est plus coûteux. L'investissement total se chiffrera autour de 7 millions d'euros, mais selon le président de la commission des affaires économiques, « il devrait être rapidement rentabilisé ». Il s’agira alors de louer le site à un gestionnaire de plateforme. Par l’intermédiaire du transporteur local Breger, Laval Agglo est entré en contact avec le Groupe T3M qui s’est montré intéressé. Celui-ci pourrait être à la fois le gestionnaire de l'équipement et l'opérateur de transports combinés. Déjà propriétaire de bases sur les grands ports et d’un hub en Ile-de-France, cet acteur, qui assure déjà le transport de 500 conteneurs par nuit en France, élargirait son maillage.
Un train facilement rempli
« Nous avons fait une petite étude, confie Yannick Borde : Dans un rayon de 70 km autour de Saint-Berthevin, avec ce qu’on a comme entreprises de transports susceptibles d’utiliser le transport combiné, on n’est pas loin de remplir un train de 40 camions par jour ». L’opérateur devra pour sa part acheter des sillons à SNCF Réseau, c’est-à-dit des créneaux de roulage pour ses trains. La base pourra traiter, dès sa mise en œuvre, deux trains complets, mais d’autres trains pourront stationner en gare de Laval avant d’être traités. Un à deux reach stacker, imposants chariots de maniement de conteneurs, et sept à huit personnes assureront la logistique sur le site.
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