L’auteur et metteur en scène Nicolas Bonneau a créé en novembre dernier un spectacle au carrefour du théâtre, de la musique et de la marionnette, joué par deux comédiennes, Fannytastic et Hélène Barreau. Malédictions a été présenté 25 fois depuis, dont cinq fois en Mayenne. Il s’est produit la semaine dernière au festival du Chaînon manquant à Laval, en présence de plusieurs dizaines de programmateurs de salles de spectacle.
Une semaine de veillées
Malédictions, qui traite de la sorcellerie et des pratiques occultes, a été écrit à la suite d’un travail de collectage sur le terrain en Bretagne, dans les Deux-Sèvres, mais surtout en Mayenne. « Nous sommes partis du livre écrit en 1972 par Jeanne Favret-Saada sur la sorcellerie, mais nous avons complété notre documentation par une enquête de terrain, raconte Nicolas Bonneau. Nous nous sommes présentés dans les communautés de communes et avons demandé s’il y avait dans les environs des sorciers, passeurs de feux ou autres rebouteux. Nous nous sommes ensuite installés dans un café de Loupfougères, qui était fermé mais que les propriétaires ont accepté de rouvrir pour nous. Pendant une semaine, nous avons organisé des veillées, et récolté des témoignages. Nous sommes ensuite allés voir ces gens, ceux qu’on nomme pudiquement “quelqu’un qui pourrait s’en occuper” ».
Une institutrice du côté de Gorron
« Il y a eu de la méfiance, mais nous avons récolté de la matière pour notre spectacle. J’ai essayé d’écrire une sorte de thriller théâtral, d’après une histoire vraie. » Cette histoire est celle d’une jeune institutrice qui, pour fuir Paris, vient s’installer dans la région de Gorron où avait vécu sa grand-mère. Fanny, comédienne et musicienne a composé une musique de circonstance au violoncelle électrique. Hélène, comédienne et marionnettiste, a conçu de mystérieux bustes en plâtre. L’histoire et le jeu font le reste. Et qu’on apprécie ou pas le spectacle, on est bien dans l’ambiance.
Etre ouvert d'esprit
« Les jeteurs de sort et les guérisseurs font partie de l’imaginaire collectif, assure l’auteur rennais. On a entendu qu’il s’agissait de dons transmissibles. Certaines de ses transmissions sont ritualisées, comme le bouche-à-oreille sur un lit de mort. On nous a recommandé aussi d’être prudents, de ne pas jouer avec ça. » L’auteur estime avoir traité le sujet « sans condescendance, sans juger ». « S’il y avait un message dans ce spectacle, conclut-il, ce serait qu’il ne faut pas rester au ras des pâquerettes de la science. Mais aussi qu’il faut savoir rester ouvert, car on peut être surpris. »
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