Crâne rasé, petit, le prévenu semble porter toute la misère du monde sur ses épaules. « Depuis 23 ans, je ne vais pas bien. Mon deuxième enfant est mort dans mes bras », annonce-t-il en pleurant. Cet homme de 45 ans est alcoolique et prend des anxiolytiques pour tenter de guérir son agoraphobie. Portant sept mentions à son casier judiciaire, il est sorti de prison en juin. De retour en Mayenne pour se rapprocher de sa mère, il a repris le goulot le 18 septembre à Evron. « J'ai acheté une bouteille de whisky que j'ai vidée, j'en ai acheté une deuxième », se souvient-il.
Quelques temps plus tard, il est aperçu sur la route de Sainte-Gemmes-le-Robert, titubant sur la chaussée. « Je suis incapable de vous dire ce que je faisais là ». Les pompiers sont alertés et tentent de lui porter secours. Les sapeurs lui proposent de le transporter à l'hôpital. Là, le prévenu voit rouge. Il donne un coup de poing à un pompier, et insulte ses collègues. « Durant 30 minutes, le temps du trajet, vous les avez copieusement insultés », rappelle la présidente.
Une contrainte pénale
Le prévenu ne se souvient plus. Il s'excuse auprès du pompier, de sa famille, du commandement. Il semble sincère. Le pompier, agressé, viendra à la barre et s'adressant au prévenu : « tout ce qu'on voulait, c'était vous aider. Si nous n'étions pas intervenus, vous auriez pu vous faire faucher ». Le prévenu baisse les yeux, s'excuse une nouvelle fois, salue l'action des pompiers qui ont sauvé son père.
S'appuyant sur l'actualité et le meurtre d'un pompier en région parisienne, le substitut du procureur demande un an de prison dont huit mois avec sursis. Pour l'avocat du prévenu, maître Dirickx, son client a surtout « besoin de soins ». Le tribunal l'entendra ainsi en le condamnant à une contrainte pénale de cinq ans avec l'obligation de soins. L'homme remercie « le tribunal pour cette chance ». Il part tout de même pour cinq mois en prison, effectuer une peine dont le sursis est révoqué.
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